HENRI IV, une rare et précieuse lettre autographe signée

Henri iv 1

Henri iv 2

HENRI IV, dit « le Grand » (1553-†1610). Fils aîné d’Antoine de Bourbon-Vendôme et de Jeanne d’Albret. Roi de Navarre (Henri III de Navarre) de 1572 à 1610, puis roi de France de 1589 à 1610. Sous son règne, par l’édit de tolérance de Nantes, en 1598, il met un terme aux guerres de Religion.

Une précieuse lettre autographe signée, rare et inédite (signature autographe) d’Henri de Navarre, futur Henri IV, roi de France : « Henri », avec lieu : La Rochelle, ce dernier décembre, sans date [1572 ?], adressée à Monsieur de Spondyllan. Elle fut rédigée peu avant avant le siège militaire de la place forte de La Rochelle(1).

UNE LETTRE de remerciements adressée à Monsieur de Spondyllan(2). Le roi de Navarre le remercie pour son dévouement et de l’intérêt qu’il porte à ses affaires, des services rendus et à tout ce qui le touche particulièrement.

1 page écrite folio recto (8 lignes) sur un feuillet petit in-octavo oblong, format : L. 211 mm. ; l. 130 mm.

Cette lettre n’est pas présentée par Jules Berger de Xivrey dans le Recueil des lettres missives de Henri IV, tome I, 1562-1584, Paris, Imprimerie Royale, 1843.


Transcription littérale de la lettre :

« Monsieur de spondyllan [,] berety secretere de mon cousyn monsieur de monmoransy(3) ma randu sybon tesmoygnage de lafectyon que vous portes au byen de mes aferes et servyse et a tout ce quy me touche partyculyeremant que jay byen voulu vous en remersyer par la presante vous pryer de contynue et vous assurer de la bonne volonte de [un espace] votre tres afectyeu et assuré amy
de la rochelle ce dernyer desanbre  Henry »


Codicologie :

Une écriture commune et épistolaire à l’orthographe archaïsante. Une cursive soignée, régulière et lisible, inclinée à droite, à l’encre sépia sur un papier chiffon vergé écru à grammage faible, sans filigrane (qu’il soit entier ou divisé). La missive ne comporte pas de cachets royaux gravés en creux, en cire rouge, sur lacs de soie. Le nom du destinataire est indiqué au folio verso, sous papier (une lettre sans le contre-scel du souverain). Une mouillure claire transversale sans gravité et deux petits trous aux marques de pliure ne nuisant pas au texte. Le document est en bon état général.


Remarques détachées.

Au dos du document figure la suscription : A Monsieur de Spondyllan. Nous signalons la présence de notes à la plume, contemporaines de la missive ; il s’agit d’une cursive peu soignée, à l’encre brune, assez angulaire, l’orthographe est également archaïsante, que l'on peut attribuer à Henri III de Navarre (futur Henri IV). Avons-nous affaire à un feuillet de réemploi ? Quelques mots étant à peine lisibles, nous ne les transcrivons que sous réserves : [pâtés d'encre. Ici le mot est non lu] du roy Henry troy [(Navarre ?) ici le mot est non lu] au sieur dep [ici la fin du nom est non lue] de sa prop [ici la fin du mot est non lue] par laquelle il le remercie de sa [ici la fin du mot est non lue] quil lhuy avoit rendu a date du moy de septembre.     


Présentation & zone de contexte

Henri de Navarre, quasi prisonnier de la Cour, avait été obligé d’accompagner le duc d’Anjou (le futur Henri III) à La Rochelle pour y combattre les réformés (février 1573). Élevé par Jeanne d’Albret, nièce de François 1er, dans la religion calviniste, Henri fut contraint d’abjurer la foi de sa mère en 1572, lors de la Saint-Barthélemy. Il ne réintégra toutefois la communauté réformée qu’après s’être enfui de la Cour, en février 1576.

1. Le siège militaire de la cité protestante de La Rochelle eut lieu du 11 février au 26 juin 1573. Il opposa l’armée royale et catholique, commandée par le duc d’Anjou, frère du roi Charles IX et futur Henri III, à la communauté huguenote de la ville.

2. Guillaume du CAYLAR, coseigneur d’Espondeilhan (ou Espondeillan, Spondeillan, Espondillan, Spondillan) est le fils de Jacques du Caylar († vers 1607), seigneur d’Espondeilhan, gouverneur de Béziers en 1599, et d’Alizette d’Avanson. Selon le père Anselme de Sainte-Marie, il exercerait la charge de lieutenant au gouvernement de Béziers et de capitaine de la garnison à partir de 1603. À la même date, son père céderait le gouvernement de Béziers à son frère, Guillaume du Caylar, seigneur de Puisserguier, qui a épousé Isabelle de Lort, et à leur fils, Henri du Caylar, seigneur de Puisserguier. Ce dernier serait dépossédé de son gouvernement en 1632, en raison de son implication dans la révolte du duc de Montmorency et serait rétabli dans sa charge le 12 juillet 1644 (article [en ligne] rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau : Correspondance et papier d’État du cardinal de Richelieu).

3. Henri de MONTMORENCY, seigneur de Damville, deuxième fils du connétable Anne de Montmorency et de Madeleine de Savoie, né à Chantilly, le 15 juin 1534, nommé gouverneur de Languedoc en 1563, maréchal de France le 10 février 1567, chef de la maison de Montmorency en 1579, connétable de France le 8 décembre 1593, mourut le 1er avril 1614.