René CAILLIÉ. Une lettre autographe signée

Caillie lettre 1

Caillie lettre 2

CAILLIÉ (René). Lettre autographe signée « Caillié », adressée à son Excellence Monseigneur le prince [Jules] de Polignac, ministre des Affaires étrangères. Paris, 13 mars 1830.

René Caillié sollicite le prince Jules de Polignac (1780-1847), ministre des Affaires étrangères, de bien vouloir lui accorder la faveur d’une audience afin de lui offrir un exemplaire de son livre* qui vient de paraître à Paris.

AUTOGRAPHE RARISSIME. Les lettres autographes de René Caillié se comptent quasiment sur les doigts de la main.

*Journal d’un voyage a Temboctou et a Jenné, dans l’Afrique Centrale (…) pendant les années 1824, 1825, 1826, 1827, 1828. Avec une carte itinéraire, et des remarques géographiques, par M. JOMARD, membre de l’Institut. Paris, Imprimé par Autorisation du Roi, A L’Imprimerie Royale, 1830. 3 volumes in-octavo et un atlas.


2 000 €


1 page sur un bi-feuillet in-quarto format 26,4 x 23 mm                                 

Après avoir été décachetée, le scellé à la cire rouge de la missive a causé un léger manque de papier sans gravité (resté collé sur la cire). Cette déchirure a été anciennement restaurée. Le manuscrit présente des traces de pliures d'usages.


L’adresse autographe municipale du destinataire est au folio verso du second feuillet. 

L’adresse postale :

à Son Excellence

Monseigneur le prince de Polignac

Ministre Secrétaire d’État aux

relations extérieures

Paris

Deux cachets postaux :

14 mars 1830

A 11 H


Codicologie : Écriture personnelle. Une cursive à l’encre sépia sur un papier chiffon vergé écru à grammage faible. La feuille vue à contre-jour porte le filigrane « D O » (nom du frabricant producteur), ainsi qu’en apposition un filigrane représentant une Coquille Saint-Jacques (papier à la forme de format in-quarto coquille fin). L’écriture est inclinée à droite, rectiligne, en caractères déliés, aisément lisible, naturelle, spontanée et assez volontaire.  



Transcription dactylographique :

Monseigneur

Mon voyage à Temboctou vient de paraitre, [/] j’ai eu l’honneur d’en présenter un exemplaire [/] au Roi*, Sa Majesté, a daigné l’accueillir avec [/] beaucoup de bienveillance. [/] Je viens prier votre Excellence de vouloir [/] bien m’accorder une audience particulière, dans [/] laquelle j’aurai l’honneur de lui en offrir un [/] exemplaire ; je désire Monseigneur, que cet [/] ouvrage qui renferme le simple récit de mes [/] observations dans un pays peu connu, ne soit [/] pas trop indigne de votre Excellence, et qu’il [/] contribue à ne mériter votre honorable bienveillance.
Agréez Monseigneur, l’assurance du profond respect avec lequel [/] j’ai l’honneur d’être de votre [/] Excellence le très humble et très obéissant [/] serviteur.
Paris 13 mars 1830.   Caillié
29 Rue de Harlay près le Pont-Neuf

*Charles X.



René CAILLIÉ, le vainqueur de Tombouctou.

René CAILLIÉ. Le premier grand explorateur Français qui réalisa l’une des plus grandes explorations du XIXe siècle. Le premier Européen parti avec le dessein bien arrêté d’aller à Tombouctou, ville impénétrable, ville interdite aux infidèles (s’y aventurer paraissait folie). Sous le costume d’un derviche mendiant, simulant le culte mahométan, il en atteignit le but et en revint (Caillié séjourna à Tombouctou du 20 avril au 4 mai 1828. Le retour à travers le Sahara fut une terrible épreuve, sa santé en fut fort altérée). Tombouctou existe ! René Caillié rapporta pour la première fois dans l’histoire de l’exploration africaine des notions et une description précise de cette ville légendaire, agrandissant considérablement le domaine des connaissances géographiques de l’Afrique occidentale dont les cartes n’indiquaient alors que des pays déserts ou marqués inconnus. Il fut un explorateur courageux, persévérant, accomplissant seul son exploit, sans soutiens et sans moyens financiers et fut souvent jalousé et mis en doute sur la réalité de son voyage, principalement par les Anglais, car il ravissait aux empires occidentaux la gloire de cette importante découverte. Trente années plus tard, le géographe allemand Heinrich Barth (le troisième explorateur à atteindre Tombouctou) confirmera d’une façon éclatante l’exactitude de ses assertions. Un curieux destin pour ce fils de boulanger au bourg de Mauzé (Deux-Sèvres), un enfant malheureux né dans un milieu hostile, sans grande éducation et dont la lecture des récits de voyages, dès son enfance, détermina son exceptionnelle volonté de savoir et d’aventures.