Julien GRACQ. Le Rivage des Syrtes

Un jour, il y eut Julien GRACQ, Le Rivage des Syrtes, puis les suiveurs…

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Julien GRACQ

L’un des romans majeurs de la seconde moitié du XXe siècle

GRACQ (Julien, pseudonyme de Louis Poirier).

Le Rivage des Syrtes

Paris, Librairie José Corti, 1951.

[Presses d’Aubin Ligugé (Vienne) le 25 sept. 1951]


Petit in-8° ;  353 pp.


Broché, couverture imprimée de l’éditeur, non coupé, entièrement non rogné, grands témoins, immaculé.

UN EXEMPLAIRE À GRANDES MARGES À L’ÉTAT DE NEUF.

La plus belle condition que l’on puisse espérer pour ce livre.


UN PRÉCIEUX EXEMPLAIRE ENRICHI D’UNE LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE DE JULIEN GRACQ À JOSÉ CORTI, SON ÉDITEUR, AINSI QU’UN BILLET ET UNE LETTRE AUTOGRAPHE DE JOSÉ CORTI RELATIVE À LA VENTE D’UN EXEMPLAIRE DU RIVAGE DES SYRTES EN PREMIER GRAND PAPIER.


Format bibliographique : 205 x 130 mm


Prix sur demande

Price on request


Le Rivage des Syrtes est l’œuvre la plus célèbre de Julien Gracq (1910-2007), son chef d’œuvre. Elle valut à son auteur le prix Goncourt, qu’il refusa avec retentissement.


BIBLIOGRAPHIE

ÉDITION ORIGINALE TIRÉE À SEULEMENT 40 EXEMPLAIRES EN PREMIER GRAND PAPIER.

  • Tirage : l’un des 40 exemplaires numérotés (n° 4) imprimés sur papier vergé de Rives, PREMIER GRAND PAPIER, avant soixante exemplaires sur vélin pur fil Lafuma.
  • Il n’a pas été tiré d’exemplaires de main de passe.

L’ouvrage de référence reste « Les Cahiers de L’Herne », numéro spécial consacré à Julien GRACQ, dirigé par Jean-Louis Leutrat, publié en 1972, où l’on trouvera des textes critiques, des témoignages et articles thématiques sur l’auteur et son œuvre et une bio-bibliographie détaillée et complète.


À retenir, parmi les études récentes ou livres à consulter :

- Bernhild BOIE, Éditeur scientifique, « Notice au Rivage des Syrtes », in : Julien GRACQ, Œuvres complètes, tome I, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, Édition Gallimard, 1989.

- José CORTI, Souvenirs désordonnés (…­—1965), Paris, Librairie José Corti, 1983, p. 22 sqq.
José Corti fut l’ami et l’éditeur de Julien Gracq. Ces souvenirs, souvent émouvants sont de premier ordre.

Extrait : « C’était un homme qu'une fiche signalétique n'aurait pu définir que comme moyen en tout. Il n'y a en effet rien de commun entre l'homme et l'œuvre ; entre le Gracq réservé que l'on rencontre, le professeur froid – dont les élèves disent qu'il ne se déride jamais, mais fait d'excellents cours – et l'écrivain qui a miraculeusement peint les enchantements d'Argol, les féeries de la forêt des Ardennes, les magies de la mer des Syrtes ; qui nous a rendu sensible le poids écrasant du Destin, et qui est le vrai Gracq ; celui que l'on tiendra un jour pour l'un des plus grands écrivains de notre époque. Gracq n'est pas un homme de conversation de salon. Il est l'homme du tête-à-tête ; celui qui cherche dans l'interlocuteur cette part de singulier, cette part d'humain qui peut l'intéresser. Cette curiosité, ce souci de connaître, exclut la dispersion. Dans un groupe, même dans un petit groupe constitué au hasard d'une réunion, Gracq ne laisse pas deviner qu'il est Gracq. Il décevra même celui qui espère saisir dans sa conversation quelque chose de la poésie de son œuvre, qui attend que jaillisse enfin l'improvisation brillante où éclateront l'esprit, l'humour, le trait de Liberté grande. » (José Corti, Souvenirs désordonnés).

-Revue Givre, n° 1, mai 1976.

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Le Rivage des Syrtes, un imprécis d’histoire et de géographie à l’usage des civilisations rêveuses*.

Le jeune officier Aldo (narrateur et personnage principal du roman), jeune homme dysphorique issu d’une noble et ancienne famille, a été détaché par la Seigneurie d’Orsenna pour surveiller la flottille du capitaine Marino (deux pauvres bateaux), stationnée sur la mer des Syrtes, une mer étrange bordée de lagunes désolées face à l’obscur Farghestan, ennemi héréditaire depuis trois cents ans. Entre les deux pays, subsiste depuis longtemps un état permanent de guerre ; mais, de part et d’autre, on s’est lassé du combat, la guerre s’est sclérosée et le temps semble arrêté sur ce paysage désolé de marais, de plages et de ruines séculaires. Une affectation lointaine d’« observateur » au cœur d’une forteresse ruineuse, une vie retranchée, l’attente, le silence, l’ennui, le besoin d’aventure, l’apparition dans un jardin d’une jeune fille, Vanessa Aldobrandi, poussent, un jour, Aldo, à bord du « Redoutable », à reconnaître la côte ennemie, à franchir la passe, mais son imprudente initiative entraîne le réveil des hostilités. On ne verra pas la guerre, l’armée n’aura pas encore franchi la frontière, l’ennemi est invisible, mais la certitude sera là, et avec elle planera l’approche de la mort dans la touffeur de l’atmosphère angoissante. Cette insolite histoire de suicide collectif laisse une subtile et tenace impression de trouble.

Cette insolite histoire de suicide collectif laisse une subtile et tenace impression de trouble. Cette angoisse latente et pesante constitue encore le thème dominant du Rivage des Syrtes. Un récit magnifique à force de simplicité, d’attention et de naturel, dans un style dépouillé, qui développe le thème culminant de l’attente, des vastes solitudes et du silence. Une œuvre de fiction où rêve et réalité se confondent et qui rappelle à notre mémoire que les pays comme les civilisations sont mortels. Le grand roman de Julien Gracq qui fait date dans l'histoire de la littérature.

*Antoine BLONDIN, décembre 1951.


« Un rêve éveillé », selon Julien Gracq lui-même, Le Rivage des Syrtes fut considéré à sa parution comme un « roman surréaliste » en ce que ses thèmes les plus manifestes : l’attente, l’angoisse, la promesse de l’inconnu, deux ennemis imaginaires et héréditaires et le décor mystérieux et flou dont les descriptions du paysage constituent la matière même de l’intrigue, paraissaient éminemment surréalistes. À sa parution, le troisième roman de Julien Gracq fut considéré comme son œuvre maîtresse ; il suscita un mouvement de curiosité étendu ainsi que l’adhésion unanime de la critique. Les ventes atteindront 250 000 exemplaires.

De 1938 à 1958, Julien Gracq (1910-2007) devait laisser d’ineffaçables empreintes dans la littérature française contemporaine : Au château d’Argol (refusé par les Éditions Gallimard), Un beau ténébreux, Le Rivage des Syrtes, Un balcon en forêt.


« Ce que j’ai cherché à faire, entre autres choses, dans Le Rivage des Syrtes, plutôt qu’à raconter une histoire intemporelle, c’est à libérer par distillation un élément volatil l'esprit-de-l'Histoire, au sens où on parle d’esprit-devin, et à le raffiner suffisamment pour qu’il pût s’enflammer au contact de l’imagination. Il y a dans l’Histoire un sortilège embusqué, un élément qui, quoique mêlé à une masse considérable d’excipient inerte, a la vertu de griser. Il n’est pas question, bien sûr, de l’isoler de son support. Mais les tableaux et les récits du passé en recèlent une teneur extrêmement inégale, et, tout comme on concentre certains minerais, il n’est pas interdit à la fiction de parvenir à l’augmenter.

Quand l’Histoire bande ses ressorts, comme elle fit, pratiquement sans un moment de répit, de 1929 à 1939, elle dispose sur l’ouïe intérieure de la même agressivité monitrice qu’a sur l’oreille, au bord de la mer, la marée montante dont je distingue si bien la nuit à Sion, du fond de mon lit, et en l’absence de toute notion d’heure, la rumeur spécifique d’alarme, pareille au léger bourdonnement de la fièvre qui s’installe. L’anglais dit qu’elle est alors on the move. C’est cette remise en route de l’Histoire, aussi imperceptible, aussi saisissante dans ses commencements que le premier tressaillement d’une coque qui glisse à la mer, qui m’occupait l’esprit quand j’ai projeté le livre. J’aurais voulu qu’il ait la majesté paresseuse du premier grondement lointain de l’orage, qui n’a aucun besoin de hausser le ton pour s’imposer, préparé qu’il est par une longue torpeur imperçue. »

Julien Gracq, En lisant en écrivant, p. 216.


Cet exemplaire est enrichi d’UNE LETTRE AUTOGRAPHE DE JOSÉ CORTI (1983) RELATIVE À LA VENTE D’UN EXEMPLAIRE DU RIVAGE DES SYRTES EN PAPIER DE LUXE.

Écriture personnelle. Une cursive à l’encre bleue, peu soignée et assez irrégulière sur un papier vélin vert à grammage peu élevé, de format in-octavo. Les lettres sont cependant relativement bien formées, à quelques exceptions près, et lisibles. Une ancienne trace de pli médian sans gravité.

Format bibliographique : 203 x 135 mm

Le folio recto, un brouillon d’une lettre, de la plume de José CORTI, éditeur de Julien Gracq, à l’attention d’un bibliophile : M. GROS. Ce collectionneur est désireux d’acquérir un exemplaire en tirage de tête, l’un des 40 exemplaires numérotés imprimés sur papier vergé de Rives. José Corti couche sur le papier quelques phrases qui formeront la matière d’une lettre d’une proposition de vente du prix Goncourt 1951, Le Rivage des Syrtes. Un collectionneur cède son exemplaire, il est « marchand » à 10 500 francs (1983), une somme à l'époque ! José Corti souligne la rareté et l’attrait de cet exemplaire en tirage de tête.

Le folio verso est une liste manuscrite de courses alimentaires, ainsi que le nom (encre noire) d’un poète : Marie-France Armstrong-Rose GRIFFITH.


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Transcription dactylographique de la lettre manuscrite :                                     

[Folio recto]

M. Gros

M –

Il ne tient qu’à vous de posséder / un des 40 ex. (papier de Rives) du / « Rivage des Syrtes » de 1951. / J’ai amené un de mes clients à se / défaire de son exemplaire ; à vrai dire / ayant deviné ce que serait la / [phrase rédigée dans la marge gauche du feuillet :] d’un des deux que pressentant la / carrière littéraire de Gracq, il m’avait / acheté  [un mot biffé, peu lisible :] deux en septembre 51./ Il est marchand à 10 500 F / Somme importante mais insigne / rareté. [Phrase rédigée dans la marge droite du feuillet :] attrait de plus / Cet exemplaire n’est pas coupé / Consultez avec vous-même, ne [un mot biffé, peu lisible :] nous et faites-moi savoir / assez rapidement si vous succombez ! / Si vous résistez à votre tentation / je vous aurais au moins montré / que je suis attentif aux vœux de mes clients / ce qui me permet de me dire, monsieur, / votre dévoué / 13 XI 83

[/] indique le retour chariot


[Folio verso]

[Un nom patronymique]

MARIE-FRANCE et ROSE GRIFFITH

[Une liste de courses]

Vendredi

Paté en croûte

Cuisse lapin

Bifteck

Œuf

Lait

Pain

Œufs

Gruyère

[etc.]


AINSI QU'UN BILLET AUTOGRAPHE SIGNÉ DE JOSÉ CORTI (1983).

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ET D'UNE LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE DE JULIEN GRACQ (1977) À SON ÉDITEUR JOSÉ CORTI.

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Traduites dans vingt-six langues, étudiées dans des thèses et des colloques, proposées aux concours de l'agrégation, publiées de son vivant dans la bibliothèque de la Pléiade, les œuvres de Julien Gracq ont valu à leur auteur une consécration critique presque sans équivalent à son époque.

Julien Gracq est né le 27 juillet 1910 à St Florent-le-Vieil sur les bords de la Loire, entre Nantes et Angers, commune dans laquelle il se retirera, très éloigné des cercles littéraires et des parades mondaines, jusqu'à sa mort en 2007.
Le pensionnat marque l’enfance de Julien Gracq. Il fréquente d’abord un lycée de Nantes, le célèbre lycée Henri IV à Paris puis l’École Normale Supérieure et l’École libre des Sciences Politiques.

Agrégé d’histoire, Julien Gracq débute sa double activité en 1937. D’une part il entreprend son premier livre, Au château d’Argol, et de l’autre, il commence à enseigner, successivement aux lycées de Quimper, Nantes, Amiens, et se stabilise au lycée Claude-Bernard à Paris à partir de 1947, jusqu’à sa retraite en 1970. Signalons qu’il sera professeur sous son vrai nom, Louis Poirier, et écrivain sous le nom plus connu de Julien Gracq, qui construit continûment, après ce premier ouvrage, une œuvre de romancier, de poète, de nouvelliste, de dramaturge et d’essayiste.

Ainsi seront publiés, toujours chez le même éditeur, José Corti, 18 livres, puis un recueil d’entretiens et deux œuvres posthumes, Manuscrits de guerre et Terres du couchant.