Eugène FROMENTIN. DOMINIQUE

L'UN DES TRÈS RARES EXEMPLAIRES IMPRIMÉS SUR GRAND PAPIER DE HOLLANDE DE FORMAT IN-OCTAVO

Fromentin 2

Fromentin 1

FROMENTIN (Eugène). Dominique

Paris, Librairie De L. Hachette Et Cie, 1863.

[Paris. – Imprimerie de Ch. Lahure et Cie, rue de Fleurus, 9.]

In-8° ; 372 pp., comprenant 1 feuillet non chiffré, blanc de garde, 1 feuillet non chiffré, faux titre, portant au folio verso une information bibliographique*, le nom et l’adresse de l’imprimeur, 1 feuillet non chiffré, titre en noir, 1 feuillet non chiffré, dédicace à George Sand à la date de novembre 1862.

Demi-chagrin marron, dos à nerfs, filets or, titre or, reliure de l’époque, un BEL EXEMPLAIRE.

*On lit au folio verso du faux titre : « Cet ouvrage a paru pour la première fois, en 1862, dans la Revue des deux Mondes. »


Dimensions (exemplaire à grandes marges) :  218 x 135 mm


5 000 €


BIBLIOGRAPHIE

ÉDITION ORIGINALE RÉIMPOSÉE AU FORMAT IN-OCTAVO IMPRIMÉE SUR PAPIER GRAND VÉLIN DE HOLLANDE ET HORS COMMERCE.

L’enregistrement de l’édition in-8° à la Bibliographie de la France est du 31 janvier 1863. Le roman avait paru en format in-18° le 10 janvier 1863 et en format in-8° le 27 janvier 1863 (à ce sujet lire la lettre de George Sand du 27 janvier 1863 in Correspondance et Fragments inédits publiée par Pierre Blanchon, Paris, Plon-Nourrit & Cie, 1912).


Le 9 janvier 1863, Eugène Fromentin écrit à George Sand :

« Mon Dominique paraît demain. Hachette en fait tirer un certain nombre d’exemplaires format in-8°, papier propre. Le brochage de cette édition de cérémonie, que je n’ai pas pu surveiller, n’est pas fini ; du moins, je n’en ai pas encore d’exemplaire. Je tâcherai d’en obtenir un demain, pour que vous ayez le premier paru et que je puisse vous adresser les prémices de ce petit livre, que je vous ai dédié, d’après votre permission. » (Cf. : Correspondance et Fragments inédits publiée par Pierre Blanchon, p. 170).


Clouzot, p. 124 ; Carteret, t. I, p. 310 ; Vicaire, t. III, coll. 840 ; Talvart & Place, t. VI, p. 226, 4. A ; Rahir, Catalogue Rahir, t. VI, n° 1942.

- « Tirage à très petit nombre d’une grande rareté. » (Carteret).

- « Les grands papiers sur Hollande et de format in-8° sont fort rares. » (Clouzot).

L’UN DES TRÈS RARES EXEMPLAIRES H. C. RÉIMPOSÉS AU FORMAT IN-OCTAVO ET IMPRIMÉS SUR PAPIER GRAND VÉLIN DE HOLLANDE.

EXEMPLAIRE DE PREMIERE ÉMISSION [NON CORRIGÉ] CONSERVÉ DANS SA RELIURE D’ÉPOQUE avec la faute à la page 177*, 10e ligne, chapitre IX, on lit : « Il sera pédant en sueur » qui sera corrigé en « Il sera pédant en censeur » et la faute qui n’existe que dans les grands papiers p. 191, ligne 15e ligne, chapitre IX, on lit : « Je reçus la lettre de Madeleine » au lieu de « Je relus la lettre de Madeleine ».

*À noter également que cette faute se trouve dans le texte de la Revue des deux Mondes (15 avril 1862, page 171, 12e ligne), ainsi que dans l’édition in-18° et dans un certain nombre d’exemplaires de l’édition de luxe in-8°. Le texte de certains autres exemplaires in-8° a été modifié, des feuillets ont été réimprimés, notamment les pp. 49, 53, 59, 115 et 125, où l’auteur à corrigé certaines erreurs de ponctuation et de composition. La faute à la page 177 a été corrigée.

 


Le roman de renoncement : Dominique

Au cours d’une partie de chasse, le narrateur a fait la connaissance d’un gentilhomme campagnard, Dominique de Bray, qui l’accueille, quelques temps plus tard, dans son domaine des Trembles, et qui entreprend de lui conter sa vie.
Dominique a passé son enfance aux Trembles. Un jour son camarade de classe, Olivier d’Orsel, le présente à ses deux cousines, Madeleine et Julie.

Dominique est vivement troublé par la présence de Madeleine, mais la jeune fille, un peu plus âgée que lui, ne le considère pas et elle épouse M. de Nièvres.

Aux Trembles Dominique revoit Madeleine, qui devine son amour. Elle s’aperçoit bientôt, que de son côté, elle aime Dominique et elle décide de s’éloigner.

Dominique va rejoindre Madeleine au château de Nièvres. Les deux amoureux sont près de succomber à leur passion mais trouve en eux la volonté nécessaire pour se dire adieux.

Dominique a achevé son récit. Cet homme douloureusement résigné mène désormais une vie simple dans ses terres.

Une œuvre unique, cette autobiographie sensible, romancée suscita l’admiration et le soutien de la jeune école naturaliste, dont celle de Flaubert et des deux frères Goncourt. On situe Dominique parmi les romans de la désillusion romantique et dont la mesure à longtemps fait le renom.


Les bonnes feuilles

« Madeleine écoutait, haletante. J'étais assis derrière elle, aussi près que le permettait le dossier de son fauteuil, où je m'appuyais. Elle s'y renversait aussi de temps en temps, au point que ses cheveux me balayaient les lèvres. Elle ne pouvait pas faire un geste de mon côté que je ne sentisse aussitôt son souffle inégal, et je le respirais comme une ardeur de plus. Elle avait les deux bras croisés sur sa poitrine, peut-être pour en comprimer les battements. Tout son corps, penché en arrière, obéissait à des palpitations irrésistibles, et chaque respiration de sa poitrine, en se communiquant du siège à mon bras, m'imprimait à moi-même un mouvement convulsif tout pareil à celui de ma propre vie. C'était à croire que le même souffle nous animait à la fois d'une existence indivisible, et que le sang de Madeleine et non plus le mien circulait dans mon coeur entièrement dépossédé par l'amour. » (Chapitre XV, p. 311 sq).