Georges MATHIEU

La furie maîtrisée du geste, ou la vérité du signe.

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Georges MATHIEU (1921-2012). Fondateur, acteur et chef de fil de l’Abstraction lyrique dès 1947, pionnier de l’Action Painting et des performances et créateur du tachisme. Membre de l'Académie des beaux-arts depuis 1975.

Composition encre noire non titrée

UN SUPERBE DESSIN ORIGINAL. Encre de Chine au pinceau, lavis d’encre noire et relevé d’aquarelle sur un papier vélin.

Signé et daté par l’artiste, à l’encre, situé en bas à droite : « Mathieu 59 ».

Exécuté en 1959


Le dessin est dans un parfait état de conservation. Il est présenté dans un bel et élégant cadre doré à la feuille d'or signé d’époque.

Dorure : L’encadrement d’art sur mesure à la feuille d'or (gold leaf), a été réalisé par l'artisant encadreur Charles van THIENEN, doreur à Bruxelles (actif entre 1964 et 1986). Charles van Thienen a travaillé aux côtés de son père, Gabriel van Thienen, pendant 26 ans avant de lui succéder le 1er avril 1964. Vieille maison, labeur de confiance, respect des traditions, l'établissement van Thienen est une référence internationnale.

Dimensions avec montage : Long., 890 mm. ; Larg., 700 mm.

Dimensions à la feuille : Long., 690 mm. ; Larg. , 490 mm.


PROVENANCES : 

(a) – Historique. Gallery DELAIVE, Amsterdam, Pays-Bas. 

(b) – Historique. Gallery Guy PIETERS, Knokke-Heiste, Belgique.

(c) – Collection. Une provenance parfaitement établie. Conservé dans une collection particulière française : Monsieur D***, Nord de la France, puis par descendance aux propriétaires actuels.


La furie maîtrisée du geste, ou la vérité du signe

Cette écriture gestuelle d'un noir de jais, où le signe est tracé au pinceau, est rectiligne, naturelle, spontanée, volontaire et un peu grasse. Le mouvement calligraphique, l'idéogramme gestuel, vif et créatif, se révèle vrai et puissant : lancé, ample, brusquement épaissi, parfois freiné, arrêté subitement.

Une singulière force graphique et picturale

Mathieu écrit en peintre, avec ferveur, par foucades, par élans saccadés que le moindre excès pourrait avilir – le geste créateur précède le sens, l'image plastique précède l'idée. Il a développé une peinture qui n'est jamais suspendue par une hésitation, une imprécision ou un repentir. C'est là une singulière force graphique et un « lyrisme picturale », dans laquelle l’esthétique de la vitesse, les réflexes, la pulsion du signe et la spontanéité, sont essentiels à un équilibre dynamique du dessin.


Les faits marquants de l’année 1959 pour Georges Mathieu : 

La consécration internationale et les expositions.

En 1959, Georges Mathieu est invité à participer à des événements artistiques de premier plan à travers l’Europe, ce qui confirme définitivement son statut de maître de l’art informel européen :

Le 2 avril de cette même année, sur la scène du théâtre Fleischmarkt de Vienne, scène mythique de l'avant-garde et de l'Actionnisme viennois, Mathieu exécuta Hommage au Connétable de Bourbon. Devant des centaines de spectateurs, durant quarante minutes, au rythme d'une musique électro-acoustique composée par Pierre Henry, il fit surgir une prodigieuse et monumentale toile mesurant six mètres sur deux et demi.

Historique. : Cette œuvre majistrale a été cédée en juin 2018 lors de la foire d'Art Basel Unlimited, pour la coquette somme de deux millions d'euros à une collection privée suisse.

La Documenta II de Kassel en Allemagne : C’est l’un des moments clés de son année 1959. Cette grande exposition internationale consacre l’importance de son œuvre, sa gestuelle unique proche de la calligraphie asiatique, et son influence sur la scène artistique mondiale face à l’Expressionnisme Abstrait américain (porté par Jackson Pollock et ses drip paintings, Willem de Kooning ou Franz Kline).

Les expositions en galeries et musées : Il enchaîne les expositions de groupe et personnelles majeures, notamment à la Kunsthalle de Bâle (œuvres de 1945 à 1958 aux côtés de Karel Appel, Mattia Moreni et Jean-Paul Riopelle), au Kölnischer Kunstverein de Cologne (toiles de 1944 à 1959), Galerie lolas de New-York (toiles de 1949 à 1951), ainsi qu’à la Galleria San Babila de Milan (exposition particulière) et au Musée de l’Athénée à Genève (vingt-cinq toiles de 1946 à 1958).

L'apogée de la performance et de la vitesse.

En 1959, Mathieu maîtrise parfaitement ce qu'il appelle l’esthétique de la vitesse. Ses principes fondamentaux sont alors appliqués rigoureusement : l’absence de préméditation, la rapidité d’exécution (le geste doit être plus rapide que la pensée consciente), l'instantanéité.

Ses performances théâtrales, durant lesquelles il peint des toiles géantes en public (souvent vêtu de costumes ou d’armures légères), fascinent le public européen et les critiques, faisant de lui l’un des pionniers de l’Action Painting et des happenings en Europe.

Dès 1958, des rétrospectives ont lieu dans le monde entier. L'année 1959 montre un Georges Mathieu au sommet de son art, célébré par les grands collectionneurs internationaux et les prestigieuses institutions américaines. Notons également qu'à partir de 1957, le public japonais reconnaîtra avec vénération dans le peintre l'un des siens.

L'acquisition par le Musée Guggenheim : C'est en 1959 que Mathieu réalise une œuvre majeure, Sans titre (1959), une huile sur toile qui intègre la prestigieuse collection permanente du Solomon R. Guggenheim Museum de New-York.


PARTICIPATION AUX EXPOSITIONS DE GROUPE ET RÉTROSPECTIVES

Trois « expositions de révoltes et de combats » ; les prodromes d'une insurrection dans l'art.

Georges Mathieu expose ses dessins à la Galerie du Luxembourg, 15, rue Gay Lussac, novembre-décembre 1947. Tout jeune (à vingt-six ans) et alors inconnu, avec Camille Bryen, il crée le mouvement « Non-figuration psychique ». Tous deux organisent à la Galerie du Luxembourg, sous la direction artistique d’Eva Philippe, l’exposition manifeste devenue historique « L’IMAGINAIRE ». De la plus haute importance, cette exposition est préfacée par l’auguste magistère Jean-José Marchand (1920-2011), critique érudit et marchand d’art de Georges Mathieu, et à laquelle participent les artistes Jean-Michel Atlan, Hans Hartung (sans Schneider), Riopelle et bien entendu, Wolfgang Wols, figure dominante de l'Art Informel.

Le premier coup de tonnerre était donné contre le formalisme géométrique dit « froid ». L’Abstraction lyrique dite « chaude » était née.

La seconde exposition de ce mouvement se réclamant de l’abstraction ou de la non-représentation a lieu en avril-mai 1948, à la Galerie Colette Allendy, rue de l'Assomption, sous le titre « HWPSMTB », des initiales des noms de chacun des protagonistes : Hartung, Wols, Picabia, Stahly, Mathieu, Tapié, Bryen. Textes de Wolfgang Wols, Francis Picabia Explications antimystiques, Georges Mathieu, Michel Tapié Éthique, Camille Bryen L'oeil est en face.

En juillet 1948, se tient la troisième exposition dans le courant de l’Abstraction lyrique à la Galerie Colette Allendy, sous le titre « WHITE AND BLACK », organisée par Michel Tapié et Edouard Jaguer dans la nouvelle Galerie des Deux-Îsles ouverte par Florence Bank, où sont présentés dessins, gravures et lithographies monochromes de Arp, Bryen, Fautrier, Hartung, Mathieu, Picabia, Tapié, Ubac et Wols.


En 1963, année de sa « Grande Exposition Rétrospective » au Musée d’Art moderne de la ville de Paris, Georges Mathieu accède enfin aux cimaises de nos grands musées et à la consécration officielle ; il s’impose définitivement comme l’une des figures majeures de la peinture du XXe siècle.

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Depuis quelques années, Georges MATHIEU connaît, à juste titre, un regain de faveur ; sa cote sur le marché de l’art est solide et forte, atteignant des prix à l'échelle de la scène internationale.

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