COLETTE. Sido ou les points cardinaux

Colette sido 1

Colette sido 3

Colette sido 2

Colette sido 4

COLETTE (Sidonie-Gabrielle).

Sido ou les points cardinaux

Paris, Éditions Kra [Collection « Femmes », n° V], 1929.

[Sur les presses du maître imprimeur Coulouma, à Argenteuil]

Petit in-4° carré ; 75 pp.


Reliure Bradel, demi-basane bleue, dos lisse, titre or frappé au dos, non rogné.

Un bel exemplaire de cette édition originale, à grandes marges, relié avec ses couvertures éditeurs conservées.


Format bibliographique : 220 x 190 mm


1 500 €   


BIBLIOGRAPHIE

ÉDITION ORIGINALE

Tirage : L’un des 25 exemplaires imprimés sur papier Japon impérial numérotés, premier grand papier. Exemplaire n° 2

Édition originale tirée à 825 exemplaires comme suit : 25 Japon (180 fr.) ; 50 Hollande (125 fr.) et 750 vélin de Rives (75 fr.).


Rédigé début 1929, « Sido ou les points cardinaux » paraît dans La Revue hebdomadaire des 22 et 29 juin, puis en plaquette chez l'éditeur Kra en juillet : première partie du triptyque complété au printemps 1930 par « Le Capitaine » et « Les Sauvages » pour constituer le volume intitulé Sido, annoncé le 9 mai.


« Colette achève ici la figure, dont elle avait déjà donné tant de traits à travers le reste de son œuvre, du " personnage principal de [sa] vie " : Sido, sa mère. Autour de cette figure centrale, tous les thèmes chers à l’écrivain sont aussitôt mystérieusement convoqués : thème du souvenir ; nostalgies de l’enfance, de sa disponibilité totale quand l’être personnel n’était pas formé encore et se trouvait toujours libre pour entendre les appels des quatre points cardinaux ou suivre les huit chemins de la rose des Vents ; puis viendra la première émotion de femme devant " le sein brun d’Adrienne et sa cime violette et dure ". Le centre du souvenir, c’est la figure de Sido, sans doute, de la mère : mais quelle meilleure expression eût-il pu trouver que le jardin à demi sauvage, riche de fruits, de fleurs, de ruisseaux, surtout riche de mystères, des émotions inoubliables où se noua l’étroite complicité de Colette avec les folies et les rythmes de la nature ?  " J'aimais tant l'aube déjà que ma mère me l'accordait en récompense. " Mais il ne suffit pas à l’auteur de s’abandonner ici, une fois de plus, aux féeries rustiques du souvenir. Elle s’efforce de comprendre, de pénétrer le secret et les enseignements que portent la personnalité de sa mère et de cette destinée, mi-bourgeoise, mi-paysanne, toute occupée par les travaux domestiques qui maintiennent l'être en étroite communion avec l'élément primordial de la vie. En face de la mère, le père, que Colette appelle " le capitaine ", et dont l’image l’entraîne à réfléchir sur l’amour de ses parents. Ainsi, lorsqu’elle revient vers Sido, vers la maison et le verger marqués par Sido, ce n’est pas pour Colette pure effusion sentimentale, mais une sorte de remontée vers l’essentiel, vers le meilleur d’elle-même. Et pour évoquer les nuances infinies de ces états pré-intellectuels, l’auteur dispose d’une phrase agile à courir aussi vite que les moindres émotions, d’un style dont la beauté tient toute dans l’ardente sensibilité ». (in : Le Nouveau Dictionnaire des Œuvres, t. VI, p. 6689).


La critique salua en Sido les vertus de la figure maternelle, la sagesse de son attachement à la nature et aux valeurs provinciales, goûtant du même coup le délicat lyrisme et la fraîcheur du style.