Charles LEROUX DE COMMEQUIERS. Un important ensemble de lettres autographes.

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Le premier feuillet (folio verso) fait office de page de titre.

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Lettre 4

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CE PRÉCIEUX RECUEIL EST ENRICHI D’UN TRÈS RARE JOURNAL INTIME RELATANT UN VOYAGE EN ÉCOSSE AU XVIIIE SIÈCLE.

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LEROUX DE COMMEQUIERS (Charles, négociant et ancien consul).


GÉNÉALOGIE :

Charles LEROUX DE COMMEQUIERS est le fils aîné de l’union de Jean-Charles LEROUX-DES-RIDELLIÈRES (autrefois calligraphié Desridellieres Leroulx [1718-1792]) et de Flore Victoire Michelle PRUDHOMME (1735-1795).


Jean-Charles LEROUX-DES-RIDELLIÈRES père. Lieutenant de la Louveterie du Roi, négociant, armateur et négrier. Propriétaire de plantation à Saint-Domingue. Baron de Commequiers-lès-Challans et d’Apremont (Vendée).

ENFANTS :

Charles LEROUX DE COMMEQUIERS (1755-1732)

Flore Anne Elisabeth LEROUX-DES-RIDELLIÈRES (1760-1761)

Flore Victoire LEROUX (1763-1812)

Joachim LEROUX-DES-RIDELLIÈRES (1767-1789)

NOTES :

Des Commequiers aux Du Bellay, la baronnie s’est toujours transmise par héritage ou par alliance. Pour la première fois Commequiers est vendu en 1627 par Martin du Bellay à Phillipe de la Trémoille. Par sa petite-fille Marie-Anne elle passe à Paul Sigismond de Montmorency Luxembourg. Son petit-fils Anne-Charles la vend vers 1780 aux demoiselles Grou dont héritera Jean Charles Leroux-des-Ridelières, échevin et négociant nantais, devenant alors le dernier seigneur de Commequiers. En effet, sa femme Flore Victoire Michelle Prudhomme est la fille de Pierre Gilles Prudhomme et de Thérèse Grou. Il arme pour son propre compte 15 navires négriers entre 1763 et 1776, et est associé dans cet épouvantable trafic aux familles Grou et Prudhomme.
Jean-Charles Leroux-des-Ridellières figure dans la base REPAIRS comme ayant reçu une indemnité en tant qu’ancien colon de Saint-Domingue.


Analyse du corpus

LEROUX DE COMMEQUIERS (Charles).

UN IMPORTANT ENSEMBLE DE LETTRES AUTOGRAPHES commencées le 25 novembre 1774.

CE PRÉCIEUX RECUEIL EST ENRICHI D’UN RARE JOURNAL INTIME RELATANT UN VOYAGE EN ÉCOSSE AU XVIIIE SIÈCLE.

Papier : Format in-douze oblong ; 186 feuillets non chiffrés. Le premier feuillet (folio verso) fait office de page de titre. Absence de filigranes lisibles et de réglures.

Reliure : Une pleine basane, dos lisse muet, un double filet à froid d’encadrement sur les plats, fermoir1 de laiton ouvragé conservé, tranches jaune paille mouchetées rouges, usures du temps, une reliure anglaise2 de l’époque.

1. Composé d’une lanière en vélin munie en son extrémité d’une plaque ciselée en laiton dite agrafe. L’agrafe est munie d’une griffe qui vient s’accrocher à un tenon en cuivre – dit contre-agrafe – fixé sur le chant du plat opposé.
2. Les livres à fermoirs. Leur disposition varie en fonction de l’origine géographique des reliures. En France et en Italie, les fermoirs partent du plat supérieur et se fixent sur le plat inférieur. À l’inverse, en Europe du nord, en Allemagne, en Angleterre, aux Pays-Bas, les fermoirs partent du plat inférieur pour venir s’accrocher au plat supérieur. C’est le cas présent pour la reliure de ce carnet de notes.

Format bibliographique : 185 x 120 x 40 mm


Prix sur demande – price upon request


Présentation & contexte

Charles LEROUX DE COMMEQUIERS (1755-1732).

Un carnet de notes, UN INTÉRESSANT DOCUMENT HISTORIQUE, renfermant un précieux recueil de copies de lettres autographes personnelles commencées en novembre 1774 jusqu’en mars 1776, adressées à ses parents et amis, ainsi qu’un précieux et très rare Journal intime d’un voyage en Écosse occupant soixante-six pages du recueil. L’auteur n’hésite pas à inclure dans sa précieuse correspondance générale plusieurs lettres rédigées en anglais (sûrement adressées aux membres de la riche communauté irlandaise de Nantes), ce qui laisse à penser qu’il était fort instruit et possédait une excellente connaissance de la langue anglaise et de la Grande-Bretagne.

En outre, cet unique manuscrit autographe offre de nombreuses descriptions et renseignements sur la vie et les mœurs des Anglais au XVIIIe siècle, ainsi que sur leurs colonies en Amérique qui étaient en train d’acquérir leur indépendance*. Une ressource d’un vif intérêt au point de vue documentaire historique.
LE MANUSCRIT EST COMPLET SOIGNEUSEMENT MIS AU NET À L’ENCRE SÉPIA ET LE TEXTE EST DONNÉ ICI DANS SON DERNIER ÉTAT.

Charles LEROUX DE COMMEQUIERS était membre d’une importante famille de négociants nantais, armateurs négriers du bâtiment « Le Roy nègre », armé et équipé sous le commandement du capitaine Foutrel-Gaugy, parti de Nantes en 1771. Leroux-Des-Ridellières est l’un des proches parents par alliance du richissime armateur négrier Guillaume GROU, l’un des deux plus importants négociants de la place de Nantes. À noter que Charles Leroux de Commequiers a acquis un grand nombre de « biens nationaux » pendant la Révolution. Il avait prêté à l’État, sous l’administration de Jacques Necker, plusieurs millions de francs. Il figure par ailleurs dans la base REPAIRS comme ayant reçu une indemnité en tant qu’ancien colon de Saint-Domingue.

*Les colonies avaient déjà voté pour leur indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne le 2 juillet 1776, mais les débats houleux sur l’esclavage des noirs et les Amérindiens ont retardé l’adoption officielle de la Déclaration d’indépendance.


Codicologie : Écriture personnelle. Une cursive serrée mais lisible bien formée (les lettres sont plutôt régulières), facile à comprendre, à l’encre marron sépia (folio recto & folio verso) sur un grossier papier de chiffon vergé ancien écru à grammage assez épais. L’écriture est inclinée à droite, c’est-à-dire : une écriture italique typique de l’époque moderne, elle est rectiligne, naturelle et parfois un peu grasse. Summa exemplaria litterarum soignées malgré quelques ratures, corrections, ajouts autographes interlinaires et surlignures.


ÉTAT DE CONSERVATION

Très bon état de conservation général.

PROVENANCE

Collection particulière française.

CONTENU

Le présent ensemble réunit des lettres autographes personnelles et un manuscrit autographe renfermant l’intégralité d’un récit de voyage en Écosse au XVIIIe siècle.

DATE D’EXÉCUTION

L’année d’exécution du manuscrit est indiquée : novembre 1774-mars 1776.

ILLUSTRATION

Aucune

AUTRES EXEMPLAIRES conservés dans les fonds d’archives ou bibliothèques publiques

Aucun


BIBLIOGRAPHIE

– Gaston MARTIN, Nantes au XVIIIe siècle. L’ère des négriers (1714-1774) d’après des documents inédits, Paris, Librairie Félix Alcan, 1931.

L’ouvrage le plus important, richement documenté qui, jusqu’ici, ait été écrit sur la traite négrière en France. Il ne concerne que le port de Nantes, mais celui-ci pendant la plus grande partie du XVIIIe siècle, l’emporte, à cet égard, sur les autres villes martimes du royaume.
Depuis que, en 1931, Gaston MARTIN a listé les principales sources de l’histoire de la traite négrière, celles-ci ont donné lieu à une exploitation historique de plus en plus importante, avec des ouvrages devenus de référence comme celui du Père Rinchon en 1938 ou le répertoire incontournable de Jean Mettas quarante années plus tard.

Les deux références essentielles :

– Margaret I. BAIN, Les Voyageurs Français en Écosse 1770-1830 et leurs curiosités intellectuelles, Paris Librairie Ancienne Honoré Champion, 1931.

– Marie-Hélène THÉVENOT-TOTEMS, La Découverte de l’Écosse au 18e siècle à travers les récits des voyageurs britanniques, Thèse, Université Lille III, 1990.



Transcription dactylographique du premier feuillet :

[Folio recto :] « Copies de Lettres Commençées // Le 25 Novembre 1774*.

[*forme le titre du recueil souligné par une accolade qui finie par une ruche]

Le journal d’Ecosse à la fin de ce livre n’est qu’une // collection mal digerée de quelques unes de mes remarques // sur ce pays. de crainte d’oublier celles qui sont venuës // à la tête en le faisant, je les ai jettées sur le papier // sans égard à leur arrangement, & ce n’a été que sept // mois après avoir quitté ce Royaume. les digressions y sont // fréquentes, & d’une longueur peu proportionnée à celle du journal. // je l’ai écrit pr. [pour] mon usage, & sans penser que d’autres le liraient.

[Folio verso :] je n’ai parlé dans aucun de mes journaux de Windsor. le Roi y a // son plus beau & meilleur Palais. il n’est cependant pas magnifique, // mais il est grand & régulier, & on y voit une très belle collection // de peintures des meilleurs maitres anglais & étrangers. entre-autre // les 14 principales maitresses de Charles 11. c’est un chateau d’une des tours [ajout interlinéaire :] extrêmement // bien situé d’une des tours duquel on voit 12 comtés. le terrein aux // environs étant plat la perspective n’est pas aussi belle que je // m’y attendais. autour du chateau il y a de jolies promenades, // ou j’ai vu plus de belles femmes à proportion du nombre qui y // était que je n’en ai vu de ma vie. les Ducs de Gloucester & de // Cumberland ont à 3 miles de là des maisons de campagne jolies // pr. [pour] des particuliers non pour des Princes de sang. l’église collégiale // de Windsor est un bon batim.t [bâtiment] gothique. c’est là qu’on installe les ch.ers [chevaliers] de la // jarretière. la Tamise sépare cette ville de celle d’Eton ou il y a un bon collège, // dont les écoliers doiv.t [doivent] coucher par 20.es [vingtaines] dans des chambres très froides & sur des // matelas seulement supportés par des planches, & porter des manteaux noirs. [Une ligne de texte écrite verticalement en marge (blanc de grand fond) :] henry six fondateur de ce collège dicta ces régles. »

Nota Bene : On notera l’absence de majuscule en début de phrase. – [//] Indique le retour à la ligne. – [ ] Sont mentionnées entre crochets des précisions qui ne figurent pas dans le manuscrit.


Contenu :

Correspondances personnelles rédigées à Londres ; Grande-Bretagne où l’auteur vit et travail chez M. Louis de TESSIER (1736-1811), joaillier et intermédiaire financier.


Année 1774

Lettre 1.

« M.r Desridellieres Leroulx, à Nantes… le 25 Nov.re [novembre] 1774

Monsieur & très cher Pere, je suis pénétré de la plus vive // reconnaissance pour tous les bienfaits dont vous m’avés comblé // jusques à présent, mais en particulier pour la lettre »… L’auteur adresse à son père une tendre et respectueuse lettre où il se sent bien redevable envers lui, puis il donne le détail de la note des sommes exactes reçues jusqu’à ce jour d’après « le grand livre de Mr [Louis] Teissier », et réglées pour couvrir ses besoins indispensables (chemises, cols, mouchoires, etc.), précisément 250 livres sterling depuis son départ de France pour Londres (dix-neuf mois écoulés au 1er janvier 1775). Ensuite : « je vais répondre, mon très cher Pere à quelques unes de vos // questions à mon égard. ma taille est éxactement de cinq pieds* // français [22 ans – 1,62 m], ou cinq, cinq pouces anglais. vous voyés que j’ai peu // crû [grandi], en revanche j’ai pris beaucoup de corps, cependant sans être // devenu trop gras »… Leroux nous renseigne sur son excellente santé qu’il souhaite aussi bonne pour son père, sa mère, ses frères et sa sœur. En outre, il se lève en hiver à sept heures et demi, en été à six heures et demi, les matinées se passent au cabinet (de Louis TESSIER) et les soirées les jours de courrier : « Les autres jours, je vais en compagnie // à la comédie à l’opéra & ou je lis, je jouë du violon & // enfin je passe très peu de temps à rien faire »…

*Le pied de roi : 0,32483 m (censé être la mesure du pied de Charlemagne : 12 pouces).

Lettre 2.

« M.r J. B. Fortier fils, à Nantes… le 6 Xbre [décembre*] 1774

j’ai reçu avec un vrai plaisir, mon cher monsieur, la lettre très polie dont // vous avés bien voulû m’honorer le 17 du mois dernier »…
Fortier a passé un court séjour à Londres en compagnie de l’auteur.

*Tardivement abrégé en Xbre ou 10bre

Lettre 3.

« M.r Desridellieres Leroulx, à Nantes… le 9 Dec.re [décembre] 1774

M. & T. C. P. [Monsieur & Très Cher Père] Depuis la lettre que j’ai eu l’honneur de vous écrire le 25 du // mois passé, le nouveau Parlement s’est assemblé, & le Roi à prononcé // un discours dans lequel il fait bien sentir que les Bostoniens mérit.t [méritent] // d’être traittés en Rebelles, & ou il dit qu’il a pris les mesures nécessaires pour les ramener à l’obéissance »… Un témoignage important sur la désobéissance des colons américains : The Boston Tea Party fut une révolte politique à Boston contre le parlement britannique en 1773 (affaire du thé). Le gouvernement répliqua en instaurant des lois punitives dans la colonie du Massachussetts. Le 7 mars 1774, une nouvelle Tea Party eut lieu. « Le Lord Clive, // un grand coquin, & dont sans doute vous avés beaucoup entendu parler, // s’est égorgé ces jours-ci, excité à cela, dit-on, par ses remords »… Sir Robert Clive (1725-1774), intimement mêlé à l’histoire de la conquête de l’Inde, pair d’Irlande, il a été le puissant gouverneur du Bengale. Fortuné, spéculateur avide, accusé de concussion : la Chambre des communes le déclare innocent ; il reste, néanmoins, vivement affecté par ce scandale et se suicide dans sa maison de Berkeley square, Londres. Leroux donne des détails précis sur la singulière personnalité de Sir Clive et signale que les suicides sont fréquents en novembre voire en tout temps en angleterre. Puis, il regrette que les thés et les cafés se soient si mal vendus à l’Orient (sic) et que les indigos continuent à être sans la moindre demande. « Il est vrai, mon très cher Pere, la vénalité des places dans le Parlement // est un grand malheur pour les anglais, & dont il se ressentiront // probablement d’une manière bien cruelle, je veux dire en perdant leur // liberté, & en attirant le mépris des autres nations »… L’auteur cite l’exemple d’un sénateur qui après avoir perdu six mille livres sterling au jeu rembourse sa dette en obtenant une place de sénateur à son créancier. Suit l’évocation du rétablissement du parlement de Bretagne (relation entre le Parlement et le pouvoir royal) ainsi que ceux de Paris et de Rouen. Leroux assiste à des lectures à l’Académie des sciences de Londres. Il informe également son père sur quelques dépenses (les lettres de M. Tessier à faire passer en Inde, ainsi qu’une caisse de livres pour M. l’Evêque à Nantes) et sur les modalités de rembousement.

Lettre 4.

« M.r L’Evêque, à Nantes… le 13 Dec.re [décembre] 1774

Sir, I flatter my-self you will be satisfied with the haste I have // made, in forwarding you the books which you had asked of M.r // Ludlam, for as soon as I received them, I bought those which // he directed me to by, & sent the whole, put together in a box, // a board a ship going to l’Orient »…
Lettre rédigée en anglais à propos des livres envoyés à M. L’Evêque avec force détails (supra photographie 2).

Lettre 5.

« Madame Grou à Nantes… le 20 Dec.re [décembre] 1774

ma très chere tante, la fâcheuse nouvelle que je viens d’appprendre // m’a fait éprouver la tristesse la plus amère. j’avais pour mon cher // oncle un attachement très vif & très sincère, & Dieu m’afflige // singulierement en me privant d’un parent si digne de l’amitié // & de l’estime que tous ceux qui le connaissaient avaient pour lui »…
Lettre de condoléances. L’auteur prend part à la douleur qu’éprouve sa tante à la perte de son époux, Guillaume GROU, richissime armateur négrier nantais.

Lettre 6.

« Mesdemoiselles Grou à Nantes… le 20 Dec.re [décembre] 1774

M. T. C. T. [Mes Très Chères Tantes] je prends en vérité bien part à la juste affliction qu’à // du vous causer la mort de mon cher oncle pour lequel j’avais // une affection bien vive »… Lettre de condoléances. L’auteur prend part à la douleur qu’éprouvent ses tantes à la perte de leur frère, Guillaume GROU.

Lettre 7.

« M.r Bonnetier à Nantes… le 20 Décembre [1774]

M. & T. C. O. [Monsieur & Très Cher Oncle] Si consolatis miserorum fit habere pares la douleur que vous // a causé la mort de nos plus chers parens »… Lettre de condoléances. L’auteur fait part à son oncle M. BONNETIER de la douleur qu’il éprouve à la perte de autre son oncle Guillaume GROU, puis il le félicite d’avoir obtenu une place dans un régiment pour son cousin LE CHEVALIER.

Lettre 8.

« Mad.me Desridellieres Leroulx à Nantes… le 20 Xbre [décembre] 1774

M. & T. C. M. [Madame & Très Chere Mère] j’ai appris avec une vraie peine la mort de // notre bon oncle M.r Grou »… Lettre de condoléances. L’auteur prend part à la douleur qu’éprouve sa mère à la perte de l’oncle Guillaume GROU, âgé de 75 ans, puis il demande des nouvelles de la fratrie.

Lettre 9.

« M.r Desridellieres Leroulx à Nantes… le 20 Dec.re [décembre] 1774

M.r & T. C. P. [Monsieur & Très Cher Père] Excepté, la triste nouvelle, que vous m’apprenés […], je veux dire la mort de mon  // oncle M.r G.me [Guillaume] Grou qui m’a fort affligé »… Lettre de condoléances. Suivent deux pages de précieuses informations sur les événements d’Amérique : « Il est vrai que les Bostoniens son déterminés à faire résistance, & // on est d’opinion ici que, supportés comme ils le font, ils peuvent en // faire une très rigoureuse. excepté le canada & la floride, toutes // les provinces de l’amérique anglaise se sont jointes à celles de Boston // pour défendre ses droits & pour demander la restitution de plusieurs des leurs // dont ils prétendent qu’on les a privé depuis la paix, époque à laq.le [laquelle] // ils disent que le Ministère à commencé à chercher à les réduire // à l’esclavage  »…

Lettre 10.

« M.r Th.s [Thomas] Baines at La Marsh* near halstead, Essex. Le 23, Xbre [décembre] 1774

my Dear Sir, th Friendly letter you have honowred me with // the 18 th of this month has afforded me a great deal of pleasure // as it shows me that you are in good spirits, & consequently // that you & the Dear little boy are well, & that M.rs Baines’s Illness is by no means dangerous »…
Lettre très amicale rédigée en anglais. Leroux se réjouit de la bonne santé des époux Baines et fils, il leur rappelle l'invitation de Mme et M. Louis Tessier et les remercie de leur invitation dans le comté de l'Essex qu'il n'a pu honorer pour cause d'un emploi du temps trop chargé.

*Lamarsh est un village et une paroisse civile du district de Braintree dans le comté d’Essex.


Année 1775

Lettre 11. UNE LONGUE ET IMPORTANTE LETTRE.

« M.r Desridellieres Leroulx, à Nantes… le 6 janvier 1775

M. & T. C. P. [Monsieur & Très Cher Père] Depuis que j’ai eu l’honneur de vous écrire, j’ai derechéf // relu l’estimable lettre que vous avés eu la bonté de m’adresser le le 6 Xbre [décembre] der [dernier]… »

Une belle missive tendre et respectueuse pleine de reconnaissance pour son père : « vous mérités à tous égards le titre du meilleur des pères, & que je vous dois toute // la reconnaissance dont mon cœur est susceptible. »… Puis, l’auteur aborde la question de l’état peu prospère du commerce en Chine et en Inde : « Cela vient, probablement de ce que la pluspart de nos armateurs // pour l’asie ne gèrent pas leurs affaires aussi bien qu’ils le pourraient // ou du moins que d’autres le peuvent. Ce qu’il y a de certain, c’est  // que Mess. [Messieurs] admyrault1 ont écrit à M. Tessier (ceci, entre-nous, // je vous supplie), que malgré la cabale & la jalousie de leurs // confrères armateurs, dont les manœuvres indignes ont été en partie la cause, // de ce que la vente a été aussi désavantageuse »… Leroux cite Admyrault et Tessier, associés habiles à mener de fructueuses affaires : « ces Messieurs [admyrault et Tessier] ont beaucoup // de ressources pour ce commerce que d’autres maisons n’ont pas. // Le gouvernement leur a prêté trois ou quatre vaisseaux ; // ils en arment dix ou douze. Ils ont pour principal gérend de // leurs affaires en asie un M.r La Rochette2 homme d’une grande capacité, d’un génie vaste & propre à former des projets de conséquencses »… Et où l’on apprend que le jeune Leroux travail chez Tessier3 à Londres. « Mess. [Messieurs] admyrault [et La Rochette] sont des amis très intimes // de M. Tessier. C’est leur neveu qui doit venir prendre ma // place chés lui [Tessier], que par parenthèse j’ai tous les jours de nouvelles raisons à me féliciter de l’avoir obtenuë… » Ensuite, il fait l’éloge d’une manufacture4 du coton britannique qui permet d’énormes gaints de productivité et des baisses de prix : « je suis [allé] voir hier, mon très cher Père, une des plus considérables // manufactures ou on imprime des toiles & cottons, avec des // instrumens de bois, & avec des planches de cuivre […] deux hommes peuvent imprimer 500 aunes par jour. On donne à ces gens la 3 guinées par semaine […] on peut avoir // ici une jolie pièce de mousseline imprimée de 20 verges de long // sur une de large pour £ 6 – on en voit ici beaucoup de robes d’été […] il y a presque continuellement 430 hommes ou femmes occupés // dans cette manufacture. Il en coute aux chéfs environ £ 12 000 // par an seulement pour gages d’ouvriers ; & ils payent à peu près // autant au Roi » … Changement de registre The British Museum  : « j’ai été une seconde fois voir le Museum // Britannique. Le Bâtiment à été élevé sous la direction d’un // architecte français, & selon moi, il n’y en a point d’aussi beau // à Londres, excepté quelques églises. quant à l’intérieur, il y a // une bibliothèque très considérable consistant en livres écrits en toutes // sortes de langues tant anciens que nouveaux imprimés & manuscrits […] il n’y a qu’un petit nombre de personnes qui en // jouissent. Les autres ne les voient qu’en passant. on n’a point la permission // de rester là à lire ou à examiner les curiosités. On allouë aux spectateurs // deux heures pour parcourir une douzaine de chambres […] & on attend quelquefois six semaines // pour un billet d’entrée. »

1. Jean-Louis ADMYRAULT (1760-1835), armateur et législateur rochelais. Voir également : Archives de la Charente-Maritime, Louis TESSIER, Londres ; Grande-Bretagne, Correspondance adressée à Jean-Louis ADMYRAULT (1785-1790), cote : 4 J 4331.
2. Antoine-Élie Peyrusset de LA ROCHETTE (1761-1818), négociant et armateur à Nantes, associé D’ADMYRAULT et TESSIER.
3. The Tessier Family in London. Families with the name Tessier arrived in London from France and Switzerland in the 16th, 17th & 18th centuries. Some sources say that the ancestors of the Tessier jewellers came from Geneva, Switzerland and arrived in England in 1712, others claim that Louis de Tessier (1736-1811) was the founder of Tessier’s jewellers and that he was the grandson of Jacques de Teissier [Tessier] (1697-1765), a French Huguenot refugee. Lewis (Louis) Tessier is mentioned in records as having property adjoiningWoodcote Park, Epsom, Surrey in 1792. In 1740, two French Huguenot merchants named Henry (Henri) and James (Jacques) Tessier were in partnership with John Anthony Loubier at Basinghall Street, London. In 1794, the firm of Charles Loubier, Tessier & Co. were listed as "Merchants" at 27 Austin Friars, London.
4. Entre 1765 et 1785, une surenchère d’innovations techniques permet la réussite d’une génération d’entrepreneurs des régions pauvres du Nord-Est de l’Angleterre et fait du coton le premier moteur de la révolution industrielle britannique.

Lettre 12. 

 

Lettre rédigée en anglais à propos