MONTAIGNE. Les Essais [1635]

Montaigne 1

Montaigne 2

Montaigne 3

Montaigne 4


L'une des 19 corrections de fautes d'impression manuscrites de Mademoiselle Marie de Gournay (folio L5v, page 130, ligne 39 : Le vocable imaginable corrigé inimaginable).


MONTAIGNE (Michel Eyquem de).

LES ESSAIS DE MICHEL, SEIGNEVR DE MONTAIGNE. Edition novvelle. Exactement corrigée selon le vray exemplaire. Enrichie a la marge dv nom des avtevrs citez, et de la version de levrs passages, mise à la fin de chasque Chapitre. Auecque la vie de l’Autheur. Plus deux Tables : l’vne des Chapitres, & l’autre des principales Matieres.

A Paris, Chez Iean Camvsat, 1635.

[Achevé d’Imprimer le 15 juin 1635]


In-folio ; Frontispice gravé par Jaspar Issac avec portrait de Montaigne [le folio verso est blanc], (20), 871 pp. [folio verso Privilege dv Roy], (11). Titre imprimé en rouge et noir, un fleuron gravé sur cuivre non signé identique aux deux tirages.

Contenu des pièces liminaires : page de titre (folio verso blanc) ; frontispice gravé par Jaspar Issac avec portrait de Montaigne (folio verso blanc) ; épitre ; « Preface svr les Essais de Michel, Seignevr de Montaigne. Par sa fille d’alliance. » (une longue préface de Marie de Gournay) ; « L’avthevr av lectevr » (Avis au lecteur de Montaigne : « C’Est icy vn Liure de bonne foy, Lecteur. » ) ; « Sommaire recit, sur la vie de Michel Seigneur de Montaigne, extraict de ses propres Escrits » ; « Table des chapitres. » ; « Essais de Michel de Montaigne » : (« Livre premier », « Livre second », « Livre troisiesme ») ; « Errata » (page 871 les 18 corrections de fautes d’impression) ; « Privilege dv Roy » accordé à Mademoiselle de Gournay… ; « Table des noms propres, et des principales matieres contenves en ce Livre » (Index).

Exemplaire de second état avec le transfert de privilège à Jean Camusat, comportant 19 corrections (fautes d'impression) manuscrites de Mademoiselle Marie De Gournay.


Un plein vélin à recouvrement, dos à nerfs orné, pièce de titre en maroquin rouge, tranches marbrées bleues, grandes marges, immaculé, UN BEL ET SÉDUISANT EXEMPLAIRE EN RELIURE D'ÉPOQUE.


Format bibliographique : 360 x 240 mm


Vendu


BIBLIOGRAPHIE

Une belle édition peu commune. Lettres ornées et ornements sur bois (bandeaux) en tête de chaque livre. Les pourtours des pages imprimées accueillent des manchettes*.

Exemplaire avec le second état de la page de titre avec le transfert de privilège à l’Imprimeur-Libraire Jean Camusat le 28 août 1635.

*Sommaire très abrégé, écrit ou imprimé dans la marge extérieure d’un livre manuscrit ou imprimé, face au début d’un alinéa, pour indiquer ce qu’il contient et faciliter les recherches. Elles peuvent remplir le rôle de repérage des titres de chapitres, de paragraphes, d’explications et des traductions.


La référence essentielle : Philippe Desan, Bibliotheca Desaniana, n° 60 , p. 98.

Collection Francis Pottiée-Sperry (catalogue Sotheby’s, Paris, 27 novembre 2003, lot ).

– Richard Sayce & David Maskell, A descriptive Bibliography of Montaigne’s Essais 1580-1700, n° 25, p. 113. 

– Avenir Tchemerzine avec annotations de Lucien Scheler, Bibliographie d’éditions originales et rares d’auteurs français (…), t. IV, p. 896 : « Édition très importante donnée par Mademoiselle De Gournay. »

À lire avec profit : Paul BONNEFON, Montaigne, l’homme et l’œuvre, Paris, J. Rouam & Cie, Éditeurs, Bordeaux, G. Gounouilhou, Éditeur, 1893.

Paul Bonnefon était bibliothécaire à l’Arsenal. Un document de premier ordre.


ÉDITION TRÈS IMPORTANTE, c’est après celle de 1595, la meilleure édition ancienne des Essais de Montaigne.

Nouvelle édition des Essais procurée par Mademoiselle Marie De Gournay (la savante « fille d’alliance » de Michel de Montaigne) qui décédera en l’année 1640. Cette édition au format noble in-folio existe en deux tirages : le premier est partagé entre les Imprimeurs-Libraires parisiens Toussainct du Bray et Pierre Rocolet, le second avec le transfert de privilège à l’Imprimeur-Libraire Jean Camusat. Ils sont quasi identiques. Les armoiries qui figurent au pied du pilastre de droite (portrait frontispice gravé) sont fantaisistes dans le second état et restent en blanc dans le premier. La devise « Que sçay-je ? » apparaît sur le frontispice gravé au-dessus d’une balance. L’identification des citations latines dans les marges (les traductions des citations se trouvent à la fin de chaque chapitre). Les noms des auteurs anciens cités ont été inscrits en manchettes dans les marges. Cet exemplaire possède 19 corrections manuscrites de Marie de Gournay (Cf. Sayce & Maskell, n° 25, p. 119). Cette dernière précise dans la préface : « Or de peur qu’il n’en reste [des fautes] quelqu’une, apres ma recherche precedente ; ie te promets de la repeter encores, […], corrigez des derniers traicts de ma plume : afin que la posterité y puisse auoir recours au besoin. » (Folio ¶¶¶ iii). Après l’impression de cette précieuse édition, Marie de Gournay fut obligée d’abandonner ses droits à Jean Camusat.


Michel Eyquem de Montaigne (1532-1592) commence à écrire ses Essais en 1572, après sa retraite dans son château du Périgord, où il a hérité des terres familiales. Forme nouvelle pour l’époque, l’essai littéraire développe une pensée originale et personnelle organisée autour de la question centrale : qu’est-ce que l’homme ? Le fait d’utiliser le français, et non le latin, pour un ouvrage philosophique, est aussi une innovation.
Ses réflexions puisent dans son expérience du monde, dans sa riche bibliothèque et dans la philosophie humaniste. Il s’agit pour l’auteur de « parler indifféremment de tout ce qui se présente à sa fantaisie ». Il justifie ainsi la forme imparfaite ou fragmentaire des Essais en affirmant qu’elle est la preuve de sa bonne foi et de son honnêteté. Tous les sujets sont abordés : histoire, religion, éducation, justice… L’unité de l’œuvre est fournie par la personne même de l’auteur et l’affirmation, au fil des pages, d’une pensée originale.
Montaigne ne cesse de reprendre et corriger ses Essais jusqu’à sa mort : quatre éditions paraissent de son vivant, avec à chaque fois de nouveaux ajouts et compléments.

Bibliothèque nationale de France, Les Essentiels, Littérature.


Stendhal

Dans sa notice intitulée M. Beyle par lui-même, Stendhal note qu’entre 1803 et 1806 : « Beyle travaillait douze heures par jour, il lisait, Montaigne, Shakespeare, Montesquieu, et écrivait le jugement qu’il en portait ».