MONTAIGNE. Les Essais [1640]

L’édition la plus fidèle des Essais publiée au XVIIe siècle.

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MONTAIGNE (Michel Eyquem de).

LES ESSAIS DE MICHEL SEIGNEVR DE MONTAIGNE. Edition novvelle. Corrigee svivant les premieres Impressions de L’Angelier. Et Avgmentee D’Annotations en marge, de toutes les Matieres plus remarquables. Auec la vie de l’Autheur extraicte de ses propres Escrits.

A Paris, Chez Michel Blageart, 1640.


In-folio ; (6)-750 pp.-(7). Titre imprimé en rouge et noir, une belle vignette gravée sur cuivre, non signée, représentant au centre le portrait cadre oval de Michel de Montaigne.

Contenu des pièces liminaires : page de titre (folio verso blanc) ; « Advertissement au lecteur » (Avis au lecteur de Montaigne) ; « Table des chapitres » ;  « Sommaire discours sur la vie de Michel seigneur de Montaigne, extraict de se propres Escrits » ; « Essais de Michel de Montaigne » (« Livre premier », « Livre second », « Livre troisiesme ») ; « Table des matieres plus remarquables contenues en ce Livre » (Index).


Un plein veau brun, dos à nerfs orné de caissons de fleurons dorés, filets or, palette dorée en tête et en pied, titre doré poussé au dos, tranches mouchetées rouges, UN SÉDUISANT EXEMPLAIRE EN RELIURE D'ÉPOQUE.


Format bibliographique : 340 x 230 mm


Vendu


BIBLIOGRAPHIE

L’édition la plus fidèle des Essais publiée au XVIIe siècle. (Cf. Richard Sayce & David Maskell)

Une belle édition peu commune. Lettres ornées et ornements sur bois (bandeaux) en tête de chaque livre.

Exemplaire avec le second état de la page de titre. Les pourtours des pages imprimées accueillent des manchettes*.

*Sommaire très abrégé, écrit ou imprimé dans la marge extérieure d’un livre manuscrit ou imprimé, face au début d’un alinéa, pour indiquer ce qu’il contient et faciliter les recherches. Elles peuvent remplir le rôle de repérage des titres de chapitres, de paragraphes, d’explications et de traductions.


La référence essentielle : Philippe Desan, Bibliotheca Desaniana, n° 65, p. 104

Collection Francis Pottiée-Sperry (catalogue Sotheby’s, Paris, 27 novembre 2003, lot 16). 

– Richard Sayce & David Maskell, A descriptive Bibliography of Montaigne’s Essais 1580-1700, n° 27, p. 128.

– Avenir Tchemerzine avec annotations de Lucien Scheler, Bibliographie d’éditions originales et rares d’auteurs français (…), t. IV, p. 898.

À lire avec profit : Paul BONNEFON, Montaigne, l’homme et l’œuvre, Paris, J. Rouam & Cie, Éditeurs, Bordeaux, G. Gounouilhou, Éditeur, 1893.

Paul Bonnefon était bibliothécaire à l’Arsenal. Un document de premier ordre.


PROVENANCES :

I. Ex-libris manuscrit, encre brune raturée (ex libris et patronyme illisible).

II. Ex-libris cachet humide, encre noire sur la page de grand titre à gauche du portrait: « C. B. Roux citoyen évêque »

Monseigneur Charles Benoît ROUX, évêque constitutionnel des Bouches-du-Rhône, nommé en 1791. Il fut arrêté en octobre 1793 et guillotiné sur la Canebière (avenue du centre de Marseille) le 5 avril 1794.


Dernière édition des Essais du vivant de Mademoiselle Marie De Gournay (la savante « fille d’alliance » de Michel de Montaigne) qui décédera cette même année. Cette édition au format noble in-folio est partagée entre les imprimeurs-libraires parisiens Michel Blageart, Augustin Courbé et Robert Denain. Elle est établie sur l’édition in-folio d’Abel L’Angellier de 1595 à Paris et est donc plus proche du texte original que les éditions de 1598 à 1635 revues par Mademoiselle Marie De Gournay.

« C’est là un retour au texte authentique de 1595 et 1598 qui fait désormais autorité. » (Cf. Philippe Desan, Bibliotheca Desaniana, Paris, Classique Garnier, 2011)


Michel Eyquem de Montaigne (1532-1592) commence à écrire ses Essais en 1572, après sa retraite dans son château du Périgord, où il a hérité des terres familiales. Forme nouvelle pour l’époque, l’essai littéraire développe une pensée originale et personnelle organisée autour de la question centrale : qu’est-ce que l’homme ? Le fait d’utiliser le français, et non le latin, pour un ouvrage philosophique, est aussi une innovation.
Ses réflexions puisent dans son expérience du monde, dans sa riche bibliothèque et dans la philosophie humaniste. Il s’agit pour l’auteur de « parler indifféremment de tout ce qui se présente à sa fantaisie ». Il justifie ainsi la forme imparfaite ou fragmentaire des Essais en affirmant qu’elle est la preuve de sa bonne foi et de son honnêteté. Tous les sujets sont abordés : histoire, religion, éducation, justice… L’unité de l’œuvre est fournie par la personne même de l’auteur et l’affirmation, au fil des pages, d’une pensée originale.
Montaigne ne cesse de reprendre et corriger ses Essais jusqu’à sa mort : quatre éditions paraissent de son vivant, avec à chaque fois de nouveaux ajouts et compléments.

Bibliothèque nationale de France, Les Essentiels, Littérature.


Stendhal

Dans sa notice intitulée M. Beyle par lui-même, Stendhal note qu’entre 1803 et 1806 : « Beyle travaillait douze heures par jour, il lisait, Montaigne, Shakespeare, Montesquieu, et écrivait le jugement qu’il en portait ».