L’un des chef-d’œuvres de la scène comique française

Molière. George Dandin, ou Le Mari Confondu

Châtier les mœurs par le rire, une maxime valable jusqu’au dernier jour de sa vie

L’édition originale rarissime de la comédie George Dandin

Le Grand Siècle… Molière notre plus grand auteur comique

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« Sieur de Molière »

L’édition originale rarissime de la pièce George Dandin, l’un des plus grands succès de Molière représenté pour la première fois dans le cadre du « Grand Divertissement Royal de Versailles » en 1668

« Pauvres marys ! voila comme on vous traite »

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Molière, un homme de lettres, un homme de scène, un génie de la comédie


MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin de, dit). 

George Dandin, ov Le Mary Confondv. Comedie. Par I. B. P. De Moliere.

A Paris, Chez Iean Ribov. au Palais, vis-à-vis la Porte de l’Eglise de la Sainte Chapelle, à l’Image Saint Loüis. 1669. Auec Priuilege du Roy.

In-12° ; (2)-152 pp. (chiffré 155 pages par erreur pour le texte de la pièce).

Plein maroquin janséniste rouge, dos à nerfs, filets à froid, titre or, doublures et gardes intérieures en papier marbré peigne, une large roulette intérieure dorée, tranches dorées marbrées, coiffes filetées or, un double filet or sur les coupes, reliure d’une grande finesse d’exécution signée « Thibaron-Joly », superbe exemplaire d’une grande fraîcheur conservé dans un très beau coffret moderne en plein maroquin rouge.

TRÈS BEL EXEMPLAIRE NON LAVÉ.

 

Nota Bene : « THIBARON, relieur, 97 rue de l’École-de-Médecine à Paris à partir de la fin des années 1860. Ancien ouvrier de Trautz, il s’établit et s’associa avec le doreur Joly. En 1874 l’atelier fut transféré 15 rue Guénégaud [Paris VI arrondissement]. Leurs reliures étaient signées Thibaron-Joly. » (Flety, Dictionnaire des Relieurs Français, p. 167).

La librairie Hérodote est intallée au 29 rue Guénégaud Paris VI arrondissement. Ce rarissime exemplaire a été relié vers 1880 au 15 rue Guénégaud Paris VI arrondissement. 

Provenance

Provenance : ex-libris des célèbres bibliothèques Emmanuel Rodocanachi, homme de lettres et historien (catalogue I, 1934, n° 94), et Léon Rattier. 

On ne saurait trop insister sur la rareté d’un exemplaire d’une grande pièce de Molière pourvue de provenances aussi prestigieuses que Emmanuel Rodocanachi et Léon Rattier ; preuve d’une valeur de premier ordre de cet exemplaire.

 

Bibliographie

Bertin, Catalogue de la Bibliothèque de Armand Bertin, 1854, (59 fr.) n° 878, p. 126. Damascène Morgand, Bulletin Mensuel, n° 45, novembre 1898, n° 33992, p. 374 (catalogue comprenant exclusivement des œuvres d’auteurs français en éditions originales ou en réimpressions des origines à la fin du XVIIIe siècle. UNE RÉFÉRENCE). Despois & Mesnard, in : Œuvres de Molière, Notice Bibliographique, t. XI, n° 25, p. 30. Diesbach-Soultrait, Six Siècles de Littérature Française, XVIIe siècle, Catalogue de Jean Bonna, n° 185. Graesse, Trésor de Livres Rares et Précieux, t. IV, p. 566. Guibert (C. N. R. S.), Bibliographie des Œuvres de Molière publiées au XVIIe siècle, t. I, p. 284. Herlin, Catalogue du Fonds Musical de la Bibliothèque de Versailles, Manuscrit musical n° 89, Recueil de livret de ballets de Jean-Baptiste Lully, « Les Vieux Ballets en 8 Divertissements », [Dandin]. 3e divertissement des Vieux Ballets. Lacroix, Bibliographie Molièresque, n° 18, p. 17. Le Petit, Bibliographie des Principales Éditions Originales du XVe au XVIIIe siècle, p. 301. Rahir, p. 286. Rochebilière, t. I, Bibliographie des Éditions Originales des Auteurs Français, n° 337, p. 173. Tchemerzine [Scheler], t. IV, Bibliographie d’éditions originales et rares d’auteurs français, p. 790.

Lire l’intéressant commentaire de Antoine Bret in : Les Œuvres de Molière, Paris, 1773, t. V, p. 195.

À lire : H. C. Lancaster, Molière and Jean Ribou, Romanic Review, n° XXVIII, (1937), pp. 32-35, ainsi que : Louis Thuasne, Les Privilèges des éditions originales de Molière, Paris, Giraud-Badin, (Les Bibliographies Nouvelles), 1924, pp. 54-60.

« Précieuse édition originale (…) Cette comédie est fort rare, comme la plupart des pièces de Molière. » (Beauchamps & Rouveyre, Guide du Libraire-Antiquaire et du Bibliophile, Paris, Rouveyre, 1885, n° 184, p. 121).
 

Véritable édition originale séparée rarissime du livret de George Dandin ; le privilège est daté du dernier jour de septembre 1668 ; il n’y a pas d’achevé d’imprimer. Au verso liste des acteurs.

 

L’édition est conforme à toutes les remarques bibliographiques citées par Guibert dans sa bibliographie méticuleuse des œuvres de Molière ; le dernier cahier, signé N, est imprimé en caractères plus petits que ceux des autres cahiers (même anomalie pour le livret de la pièce L’Avare). Le feuillet 65 est numéroté par erreur 59, les pages 93 et 94 sont chiffrées 95 et 96. Les pages 95 et 96 sont chiffrées 97 et 98, etc. À noter que cette édition indique quelques-uns des jeux de scène qui sont si nombreux dans la pièce.

Paul Lacroix et Albert-Jean Guibert, signalent, sous la même date d’impression, une contrefaçon également d’une extrême rareté, en très petits caractères (2 ff. non ch. et 92 pp.), sans nom de libraire ni lieu d’impression.

En 1669, Jean Ribou était le libraire-éditeur en titre de Molière ; le Tartuffe, L’Avare et George Dandin sont les pièces imprimées à cette date et portent le nom de Jean Ribou. Ce dernier s’occupa entre 1666 et 1670 de la publication des comédies de Molière (cf. Reed, Claude Barbin Libraire de Paris sous le règne de Louis XIV, p. 19).

« Les pièces de Molière ont été, en général, si correctement imprimées la première fois, qu’on peut être sûr qu’il en surveillait lui-même avec soin la publication. » (Lacroix, Bibliographie Molièresque, n° 18, p. 18).

 

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Le théâtre de cour après treize années de théâtre sur les routes de province :  

La disgrâce du prince de Conti, Paris, la troupe de « Monsieur », frère unique du roi, Molière l’homme de cour.

Le Paris du Grand Siècle, Louis-le-Grand.

Molière et sa troupe arrivèrent à Paris au mois d’octobre 1658 et se produisèrent chez « Monsieur », frère unique du roi, qui leur accorda l’honneur de sa protection et le titre de : « ses comédiens, avec pensions ». L’ancienne troupe du prince de Conti devint la troupe du frère de Sa Majesté. Une salle de théâtre leur fut attribuée par le roi, l’hôtel du connétable de France, Charles de Bourbon, confisqué avec tous ses biens après sa trahison auprès de François 1er. Le « Petit-Bourbon », son théâtre privé, était situé dans un vaste édifice qui longeait le quai de la Seine, à l’extrémité du Louvre, depuis les jardins de l’Infante jusqu’à la rue des Poulies (actuelle rue de l’Abre-Sec). Paris, enfin ! le 2 novembre 1658, après avoir joué devant le roi, les comédiens de Molière, la troupe comptait onze acteurs, donnèrent leur première représentation devant le public parisien. La comédie « L’Étourdi », qui passa pour nouvelle à Paris, eut un grand succès. En octobre 1660, suite à la fermeture et à la destruction, pour agrandissement du Louvre, du « Petit-Bourbon », la troupe s’établit au Palais-Cardinal, futur théâtre du Palais-Royal. Le retour de Molière à Paris fut un grand succès grâces à ses propres pièces comiques. À la cour, il écrivit pour le roi une série de pièces à grand spectacle, des comédies-ballets, qui lui vaudra la reconnaissance et la faveur du Roi-Soleil. Molière fut un bourgeois et un intellectuel qui ne cacha pas sa réussite. Il fut riche, adulé et constesté. Malade, il meurt jeune, le vendredi 17 février 1673, le jour de la quatrième représentation du « Malade Imaginaire » au théâtre du Palais-Royal.

Une pièce que le public jugea « archicomique » (Charles Robinet, collaborateur de l’officielle Gazette de l'époque).

Molière mit en scène (avec intermèdes) pour la première fois George Dandin dans le cadre du « Grand Divertissement Royal de Versailles » le 18 juillet 1668 (Lully : « 3e divertissement des Vieux Ballets »). Les décors de la salle de représentation étaient du fameux décorateur-scénographe Carlo Vigarini, « intendant des plaisirs de Louis XIV », l’un des artistes les plus appréciés à la cour de Versailles. Le vendredi 2 novembre de la même année la pièce fut jouée à Saint-Germain et le 9 novembre elle eut les complets applaudissements du théâtre du Palais-Royal. Cette comédie, l’une des plus importantes de Molière, remporta un succès vif auprès du public du théâtre de ville.

 

Extrait :

Nota Bene : nous avons pris la liberté de moderniser sensiblement le texte de cette première scène afin d’en faciliter la lecture actuelle.

« Ah ! qu’une femme Demoiselle est une étrange affaire, & que mon mariage est une leçon bien parlante à tous les Paysans qui veulent s’élever au dessus de leur condition, & s’allier comme j’ai fait à la maison d’un Gentilhomme. La noblesse de soy est bonne ; c’est une chose considérable assurément, mais elle est accompagnée de tant de mauvaises circonstances, qu’il est très bon de ne s’y point frotter. Je suis devenu là-dessus savant à mes dépens, & connais le style des Nobles lors qu’ils nous font nous autres entrer dans leur famille. L’alliance qu’ils font est petite avec nos personnes. C’est notre bien seul qu’ils épousent, & j’aurais bien mieux fait, tout riche que je suis, de m’allier en bonne & franche paysannerie, que de prendre une femme qui se tient au-dessus de moi, s’offence de porter mon nom, & pense qu’avec tout mon bien je n’ai pas assez acheté la qualité de son mari. George Dandin, George Dandin, vous avez fait une sottise la plus grande du monde. Ma maison m’est effroyable maintenant, & je n’y rentre point sans y trouver quelque chagrin. » (Acte I, Scène I).

 

« Le 18 juillet 1668, Molière donna pour la première fois George Dandin à Versailles. Cette comédie s’inscrivait dans le cadre du « Grand Divertissement Royal » qui avait été préparé pour couronner une série de fêtes somptueuses le grand succès diplomatique de Louis XIV après ses victoires de Franche-Comté. Cette comédie obtint un grand succès et son passage au Palais-Royal confirma la très bonne impression qu’elle avait laissée à la cour. Molière jouait dans la pièce le rôle du Mari confondu, c’est-à-dire du mari trompé, du paysan qui avait eu le malheur d’épouser une femme légère, d’un milieu tout différent. Il est clair que Molière avait voulu, dans cette comédie, dont le fond reste tragique, malgré les réparties et les situations comiques, dépeindre en les exagérant les malheurs de son propre foyer. Les humiliations qu’il s’impose tout en déchaînant le rire par leurs outrances voulues n’en portent pas moins la marque de ses craintes et de ses propres souffrances. » (Guibert (C. N. R. S.), Bibliographie des Œuvres de Molière publiées au XVIIe siècle, t. I, p. 284).
 

L’un des chef-d’œuvres de la scène comique française.

Une pièce que le public jugea « archicomique » (Charles Robinet, collaborateur de l’officielle Gazette de l'époque).

La pièce la plus osée de Molière. Trois actes en prose. L’adultère en est le sujet principal. Le mari trompé est bafoué, la femme infidèle est triomphante dans une comédie noyée sous les rires aux éclats et les larmes faisant oublier ainsi son caractère tragique et audacieux. Cependant, certains juges, des moins sévères, la trouvèrent excessive et critiquèrent vivement la farce de maître Molière. Nous avons relu avec un immense plaisir cette « bouffonnerie » ou l’auteur excelle en homme de théâtre, en écrivain comique extraordinaire, en homme de lettres du plus haut talent.

Châtier les mœurs par le rire, une maxime valable jusqu’au dernier jour de sa vie.

Molière acteur, « orateur », auteur et directeur de troupe : une vaste intelligence, une profonde humanité, une haute culture littéraire et intellectuelle (en témoigne la correspondance avec son ami intime Luillier, dit Chapelle), font de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, génie immortel, l’un des plus grands hommes dont l’humanité s’honore.

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Nous avons lu la biographie de référence pour sa complétude sur le sujet traité :

Roger Duchêne.

Molière

Paris, Librairie Arthème Fayard, 1998, 789 pp.

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