André MALRAUX. La Condition humaine

« L’homme ne peut dépasser son destin ni échapper à sa condition »

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Malraux la condition humaine

André Malraux, prix Goncourt 1933, devant le manuscrit de « La Condition humaine ».

Malraux manuscrit

Manuscrit autographe, La Condition humaine, 420 feuillets ; don du général de GAULLE, BnF, Mss, cote n. a. fr. 16587.

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CETTE RELIURE EST D’UNE GRANDE FINESSE D’EXÉCUTION. NOUS SOMMES EN PRÉSENCE D’UN TRAVAIL DE HAUTE TECHNICITÉ QUI NE SE RENCONTRE PLUS DE NOS JOURS.

« J’ai essayé d'exprimer la seule chose qui me tienne à cœur et de montrer quelques images de la grandeur humaine. »

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UN SPLENDIDE EXEMPLAIRE QUI RÉUNIT TOUTES LES QUALITÉS RARES POUR UN COLLECTIONNEUR EXIGEANT

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Un étui bordé à dos rond en maroquin, une chemise à bande en maroquin et un papier à la colle avec réhauts d'or assorti aux gardes, papier fabriqué par Vladimir Tchékéroul.

…Une des choses de la grandeur humaine, c'est tout de même, probablement, le silence…


MALRAUX (André).

La Condition humaine

Paris, Édition De La Nouvelle Revue Française*, 1933.

[Paris, Librairie Gallimard, 1933.]

*Les Éditions De La Nouvelle Revue Française (mai 1911- juillet 1919), la ligne de cœur de la littérature française, ont été créées en mai 1911 sous l’impulsion de six écrivains dont André Gide en chef de file. La mention Édition De La Nouvelle Revue Française ne disparaît pas pour autant l’année 1919, elle continue de figurer sur les couvertures des livres publiés jusqu’en 1941, concurremment aux couvertures de la « Blanche », collection de littérature et de critiques françaises de la Librairie Gallimard. À partir de 1931, y paraissent des tirages de tête.


Format réimposé in-quarto tellière ; 404 pp. y compris le faux-titre et la page de titre.


Un travail de reliure « Haute Couture » signé du Maître-Relieur Vladimir TCHÉKÉROUL.

Plein maroquin janséniste bleu-nuit, gardes intérieures triplées de maroquin bleu, de soie bleue et de papier à la colle de couleur jaune moutarde avec rehauts d’or assorti aux gardes, papier réalisé par Vladimir TCHÉKÉROUL, couverture et dos de l’éditeur conservé, dos lisse chiffré en pied, titre or poussé au dos, coiffe guillochée, un filet or sur les coupes, tranches dorées, un étui bordé de maroquin, une chemise à bandes rempliées, reliure d’époque, facture d’une très grande finesse, signée « TCHÉKÉROUL », UN EXEMPLAIRE À L’ÉTAT DE NEUF.


Format bibliographique : 210 x 160 mm


Vendu

Sold


BIBLIOGRAPHIE

CETTE ÉDITION ORIGINALE COMPTE PARMI LES PLUS RECHERCHÉES DE LA LITTÉRATURE DU XXe SIÈCLE

 

ÉDITION ORIGINALE

L’UN DES RARISSIMES 39 EXEMPLAIRES RÉIMPOSÉS EN FORMAT IN-4°, PREMIER GRAND PAPIER NUMÉROTÉ (N° XXVIII), ET RELIÉ EN PLEIN MAROQUIN JANSÉNISTE BLEU-NUIT (ÉTUI-CHEMISE) PAR LE MAÎTRE-RELIEUR VLADIMIR TCHÉKÉROUL, l’un des deux ou trois plus grands relieurs de son époque, un travail d’une maîtrise parfaite. Un SUPERBE EXEMPLAIRE !

Tirage : 39 exemplaires réimposés dans le format in-quarto tellière, sur papier vergé pur fil Lafuma-Navarre au filigrane n. r. f., dont neuf hors commerce marqués de A à I, et trente destinés aux Bibliophiles de la Nouvelle Revue Française, numérotés de I à XXX, et un exemplaire sur Chine dans le format in-quarto tellière, marqué J.

L’un des titres réimposés en in-quarto tellière du catalogue de LA NRF les plus rares et les plus recherchés.


- Catalogue BnF, En Français dans le texte, 1990, n° 369, p. 335.

À retenir, parmi les essais ou livres à consulter :

- [Essai] Gaëtan PICON, André Malraux, Paris, Gallimard, 1945 [réédition : Paris, Seuil, 1996].
Étude consacrée à La Condition humaine en 1934. D’emblée reconnue par André Malraux comme l’une des rares études intelligentes qui lui furent consacrées, elle inaugure un dialogue de long cours entre le jeune critique et l’écrivain, porté sur des aspects intellectuels, esthétiques et idéologiques.


J’ai essayé d'exprimer la seule chose qui me tienne à cœur et de montrer quelques images de la grandeur humaine.

Malraux goncourt

 

 

 

Le trentième prix Goncourt : M. André Malraux

Prix Goncourt de l’année 1933. 

Élu au 4e tour du scrutin par 5 voix contre 3 voix à Charles Braibant, pour Le Roi dort, une voix à René Béhaine, pour La Solitude et le silence, et une voix à Paul Nizan, pour Antoine Bloyé.
Il y 86 ans, les jurés du Goncourt, récompensaient l’écrivain français au talent déjà confirmé, André Malraux, âgé de trente-deux ans, pour son livre La Condition humaine, paru chez Gallimard, une œuvre puissante, importante dans la littérature française et d’une beauté particulière.

 

Du côté de chez Drouant…

« Cette fois Gaston est décidé à faire gagner son poulain. […] Cette année sera son année, il le sent, car Malraux, 32 ans, lui a mitonné un grand roman susceptible d’impressionner le Goncourt. Tout y est : l’exotisme (la Chine), l’intensité dramatique (la révolution en marche contre Tchang Kaï-chek), la réflexion morale (l’homme ne peut dépasser son destin ni échapper à sa condition), l’engagement politique (l’activisme communiste), les grands idéaux… […] Le roman de Paul Nizan, Antoine Bloyé, vite écarté, restent Charles Braibant et André Malraux. Cinq voix chacun. La double voix du président fait la différence. » (Pierre Assouline, Du côté de chez Drouant, cent dix ans de vie littéraire chez les Goncourt, Paris Gallimard, 2013).


Nous sommes la première civilisation sans valeurs suprêmes, et ça, ce n'est pas rien !

La Condition humaine,
Le livre cubiste de l’Histoire, le roman qui marque l'interragation de l'universalité humaine de condition.

La Condition humaine, troisième et dernier volet du cycle d’Extrême-Orient. Le Grand œuvre des romans d’André Malraux, l’un des maîtres livres de la génération de 1920. L’insolite et puissante écriture de La Condition humaine se développe sur deux schémas : le récit événementiel écrit à la troisième personne, entrecoupé de dialogues rapides et la dimension métaphysique : méditation sur le Destin, le courant de la conscience sous l’effet d’une vision tragique de la condition humaine (« L’homme ne peut dépasser son destin ni échapper à sa condition »), la question fondamentale : qu’est-ce que l’existence du Monde ? Dès lors, la question essentielle : « …que faire d’une âme s’il n’y a ni Dieu, ni Christ ? ». La variété du discours de Malraux dans La Condition… (amalgama, notes de voyages, fiction, action politique, réflexions métaphysiques [comprendre d’un point de vue supérieur], préoccupations spirituelles) met en jeu tous les procédés de l’écriture, exercice rare et difficile pour un écrivain. Malraux lié à l’avant-garde des années 20 ? Son œuvre elle-même paraissait prophétique dans les années 30, un univers nouveau pour le public ; les mots « sésame » : la Mort, l’Aventure, la Révolte, c’est le jeune romancier Malraux intimement lié à l'Histoire qui les avait prononcés plusieurs décennies avant Sartre, Camus et Simone de Beauvoir. Évolution historique de la littérature ? Malraux est celui qui a essayé de penser, pensée dialectique, la totalité de l’espace humain.

Avec cette œuvre hautement littéraire, puissante et d’une beauté particulière, Malraux ne s’est pas contenté de tourner définitivement le dos aux communistes ; il a mis un point final, un grandissime point, à son œuvre romanesque, mais dans l’ordre de la création littéraire tout était encore possible avec un tel homme !


Les bonnes feuilles

« À côté, Valérie était couchée. Bien qu’elle fût sa maîtresse depuis une semaine, il n’avait jamais prétendu l’aimer : elle eût souri, d’une insolente complicité. Elle non plus ne lui avait rien dit, pour la même raison peut-être. Les obstacles dont sa vie présente était faite le chassaient dans l’érotisme, non dans l’amour. Il savait qu’il n’était plus jeune, et s’efforçait de se persuader que sa légende y suppléait. Il était Ferral, et il connaissait les femmes. Si bien, en effet, qu’il ne croyait pas un mot de ce qu’il racontait. Il se souvenait d’un de ses amis, infirme intelligent, à qui il avait envié des maîtresses. Un jour qu’à son sujet il interrogeait Valérie : « Il n’y a rien de plus prenant chez un homme que l’union de la force et de la faiblesse », lui avait-elle dit. Persuadé qu’aucun être ne s’explique par sa vie, il retenait cette phrase plus que tout ce qu’elle lui avait confié de la sienne.
Cette grande couturière riche n’était pas vénale (pas encore, du moins). Elle affirmait que l’érotisme de beaucoup de femmes consistait à se mettre nues devant un homme choisi, et ne jouait pleinement qu’une fois. Pensait-elle à elle-même ? C’était pourtant la troisième fois qu’elle couchait avec lui. Il sentait en elle un orgueil semblable au sien. « Les hommes ont des voyages, les femmes ont des amants », avait-elle dit la veille. Lui plaisait-il, comme à beaucoup de femmes, par le contraste entre sa dureté et les prévenances qu’il lui montrait ? Il n’ignorait pas qu’il engageait dans ce jeu son orgueil, — l’essentiel de sa vie. Ce n’était pas sans danger avec une partenaire qui disait : « Aucun homme ne peut parler des femmes, cher, parce qu’aucun homme ne comprend que tout nouveau maquillage, toute nouvelle robe, tout nouvel amant, proposent une nouvelle âme… », — avec le sourire nécessaire. (Deuxième partie, pp. 136-137).


 

Catalogue de l'exposition rétrospective autour de Vladimimir Tchéckéroul, Bruxelles 1993.

Vlademir tche cke roul

Hommage à Vladimir Tchékéroul, 1899-1992 : Reliures, Bruxelles, Musée Charlier, du 28 octobre au 24 novembre 1993. Exposition réalisée par Marianne Delvaulx-Diercxsens et Pierre Mouriau de Meulenacker.

Le Mystère Malraux

L'art et l'histoire : Entretiens avec André Malraux

André Malraux - La légende du siècle (1/9) : Le Peuple de la nuit