CÉLINE. Voyage au bout de la nuit

Le roman aux forces telluriques qui inféoda la littérature occidentale

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L'ouvrage dans son papier crital (éditeur) d'époque

CÉLINE (Louis-Ferdinand Destouches, dit L.-F.), 1894-1961.

Voyage au bout de la nuit

Paris, Denoël et Steele, [15 octobre] 1932.

In-8° ; 623 p. et 1 feuillet blanc non chiffré.


LE RARISSIME EXEMPLAIRE (N° 2) IMPRIMÉ SUR VERGÉ D’ARCHES, LE PREMIER GRAND PAPIER ([10 ex. Hors Commerce + 10 ex. de passe nominatifs] 20 EXEMPLAIRES AU TOTAL IMPRIMÉS SUR VERGÉ D’ARCHES).
Broché de l’éditeur à l'état neuf, non coupé ! Exemplaire de Léon DAUDET*. La plus belle condition que l’on puisse espérer pour ce livre.
L’exemplaire fut offert à Léon DAUDET (grand défenseur de l’auteur et du roman lors de sa publication pour le Goncourt 1932) par Céline.

*Léon Daudet se révèla audacieux dans ses choix et dans ses votes. C’est lui qui fut le grand maître d'œuvre de l'attribution du prix Goncourt, en 1919, à Marcel Proust. Il batailla ferme mais en vain pour Guillaume Apollinaire et Louis-Ferdinand Céline. Il se fit le laudateur de Paul Morand, de Jean Giraudoux, de Valery Larbaud et tenait Picasso pour le plus grand peintre vivant. Grande gueule réactionnaire, œil vif à la plume musclée, dès qu’il s’agissait d'art et de littérature, il optait avec enthousiasme et compétence pour l’audace et la modernité, rejetant de facto la « littérature empaillée ». (À lire les prodigieux souvenirs de Léon DAUDET. Souvenirs littéraires, Paris, Bernard Grasset, Les Cahiers Rouges, 2009).

Cette édition originale en premier grand papier compte parmi les plus rares de la littérature du XXe siècle.

« Pourquoi j'écris ? Je vais vous le dire : pour rendre les autres illisibles... »

« Je représente quelque chose, moi, le génie français, gloire littéraire, patrimoine spirituel de la France et le reste... invention, j'ai inventé un style, ça vaut bien cent mille par mois... et je pourrais me passer de Gallimard, prendre ma retraite... j'ai tout de même soixante-trois ans. Je la mérite bien la rente, la rente et le prix Nobel... L'invention du style émotif parlé, comme le chas de l'aiguille, je l'ai dit, ça vaut le Nobel, je veux... Surtout quand on voit ceux qui l'ont eu, qui le méritaient pas, qui avaient rien inventé : Gidouille la crotte... Mauriac qui pète de fric... Hemingway et son vieux naturalisme éculé chromo... »

« Dites-leur donc à vos lecteurs que je ne suis pas un écrivain, vous savez un de ceux qui esbrouffent la jeunesse, qui regorgent d'idées, qui synthétisent, qui ont des idéâs ! Je suis qu'un petit inventeur, un petit inventeur, parfaitement ! et que d'un petit truc, juste d'un petit truc... J'envoie pas de messages au monde, moi, non ! je me saoule pas de mots, ni de porto, ni des flatteries de la jeunesse ! Je cogite pas pour la planète ! Je suis qu'un petit inventeur, et que d'un tout petit truc qui passera pardis ! comme le reste ! comme le bouton de col à bascule ! J'ai inventé l'émotion dans le langage écrit ! Oui, le langage écrit était à sec, c'est moi qu'ai redonné l'émotion au langage écrit... comme je vous le dis... c'est pas un petit turbin je vous jure ! le truc, la magie, que n'importe quel con à présent peut vous émouvoir « en écrit ! »... retrouver l'émotion du « parlé » à travers l'écrit ! c'est pas rien, c'est infime mais c'est quelque chose ! »