BAUDELAIRE. Les Fleurs du Mal Seconde édition

« Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or. »

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Baudelaire photographie

Baudelaire fleurs 1

Une « seconde édition originale »

Baudelaire fleurs 3

BAUDELAIRE (Charles).

Les Fleurs Mal

Seconde édition augmentée de trente-cinq poëmes nouveaux et orné d’un portrait de l’auteur dessiné et gravé par Bracquemond.

Paris, Poulet-Malassis Et De Broise, Éditeurs, 1861.

[Paris. – Imp. Simon Raçon et Comp., Rue d’Erfurth, 1.]

In-12° ; un portrait frontispice de Charles Baudelaire dessiné et gravé par Bracquemond et imprimé par Delâtre-3 ff. non chiffrés-320 pp.

En frontispice : un portrait frontispice de Charles Baudelaire dessiné et gravé par Bracquemond et imprimé par Delâtre. Ce portrait manque souvent.

Demi-chagrin vert, dos à nerfs très joliment orné, titre or poussé au dos, filets or pointillés, filets or, caissons or, tête dorée, reliure de l’époque, UN BEL EXEMPLAIRE QUASI SANS ROUSSEURS.


Dimensions : 195 x 125 mm


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BIBLIOGRAPHIE


SECONDE ÉDITION EN PARTIE ORIGINALE, TIRÉE À 1 500 EXEMPLAIRES ET AUGMENTÉE DE 35 POÈMES NOUVEAUX. CETTE SECONDE ÉDITION NOUS FOURNIT ENCORE UN TEXTE CORRIGÉ PAR L'AUTEUR.


- Catalogue BnF, Charles Baudelaire, Exposition organisée pour le centenaire des Fleurs du Mal, Paris, 1957, n° 312, p. 70 (exemplaire dédicacé à Alfred de Vigny).

- Catalogue BnF, En Français dans le texte, 1990, n° 276, p. 262.

- Carteret, Le Trésor du Bibliophile Romantique et Moderne t. I, p. 123.

- C. P. M. [Contades], Collection Poulet-Malassis. Bibliographie raisonnée et anecdotique des livres édités par Auguste Poulet-Malassis (1853-1862), Paris, Rouquette, 1885, n° 16.

- Clouzot, Guide du Bibliophile Français, Nouvelle Édition, p. 237 : « Rare et très recherché ».

- Fizelère-Decaux, Essais de Bibliographie Contemporaine, t. I, Charles Baudelaire, n° 70.

- Oberlé, Auguste Poulet-Malassis. Un Imprimeur sur le Parnasse, n° 216, p. 88.

- Talvart & Place, t. I, 9b, p. 284.

- Vicaire, t. I, colonne 343.

Soulignons également l’excellent catalogue établi par Jean-Jacques Launay, maître d’œuvre d’une admirable exposition consacrée à l'éditeur Auguste Poulet-Malassis : Auguste POULET-MALASSIS, Catalogue de l’exposition organisée à la Bibliothèque d’Alençon […] pour le centième anniversaire de l’édition des Fleurs du Mal, octobre 1957, textes rédigés par Jean-Jacques Launay, 1957.

Nota Bene : Cette édition, augmentée des pièces condamnées, sert de base aux plus récentes éditions des Fleurs du Mal.


La Pléiade

Les études sur la vie et l’œuvre du poète Charles BAUDELAIRE, ainsi que les bibliographies critiques sont considérables. L’édition de base est sans contestation celle de la Bibliothèque de la Pléiade : Œuvres complètes, Édition établie par Claude Pichois, avec la collaboration Jean Ziegler (pour la correspondance, 1973), Paris, Gallimard, 1975-76. Chaque œuvre est accompagnée d’une analyse critique, les notes, les variantes et les textes annexes éclairent la pensée du poète. Un bon outil de travail.


Exemplaire imprimé sur papier courant de l’éditeur : 3 fr.

Les exemplaires imprimés sur grand papier de cette seconde édition sont très rares, plus rares encore ceux de l’édition originale !

Il a été dénombré à ce jour :

- 5 exemplaires imprimés sur papier de Chine (d’après Charles Asselineau, ainsi que : Catalogue Bnf, Charles Baudelaire…, n° 314, p. 70).

- 4 exemplaires imprimés sur papier Vélin fort.

- 4 exemplaires imprimés sur papier de Hollande.


Une « seconde édition originale ».

Cette deuxième version des Fleurs du Mal, a paru dans la seconde semaine de février 1861 ; tirée à 1 500 exemplaires selon de la Fizelière et Georges Decaux, elle ne contient pas les six pièces condamnées en 1857, mais les pièces anciennes ont été corrigées, remaniées et elle est augmentée de 35 poèmes nouveaux, en comptant pour 4 pièces, la suite de sonnets publiées sous ce titre : Le Fantôme.

1861 : la seconde édition originale des Fleurs du Mal.
La première édition originale des Fleurs du Mal comportait 5 sections : I. Spleen et Idéal ; II. Fleurs du Mal ; III. Révolte ; IV. Le Vin ; IV. La Mort. 100 pièces au total. En 1861, il y en aura 6 : I. Spleen et Idéal ; II. Tableaux parisiens ; III. Le Vin ; IV. Fleurs du Mal ; V. Révolte ; VI. La Mort. 126 pièces au total.


La première apparition du titre Les Fleurs du Mal.

Le 1er juin 1855, La Revue des Deux-Mondes, publiée sous le titre jusqu’alors inédit, Les Fleurs du Mal, dix-huit des plus beaux poèmes de Charles Baudelaire. Selon les biographes du poète, Les Fleurs du Mal étaient insérées à titre « clinique ». La collaboration de la Revue et de Charles Baudelaire s’arrêta là. Ce n’est qu’en 1857 qu’apparaîtra la première édition des Fleurs du Mal.


Un titre calembour.

À la genèse de cette œuvre d'une autre poésie, le recueil devait s’intituler assez improprement, Les Lesbiennes ou Les Limbes ; le titre, à la fois original et précis, de Les Fleurs du Mal fut trouvé en 1855 (Revue des Deux-Mondes) par le critique littéraire et romancier, Hippolyte Babou, selon Charles Asselineau. Baudelaire fut satisfait de l’association antithétique de la beauté et du mal que la postérité devait rendre célèbre.


Le procès littéraire.

Le 16 juillet 1857, la justice saisit Les Fleurs du Mal et Baudelaire et son éditeur Poulet-Malassis sont poursuivis pour outrage à la moralité*. Ce procès littéraire fit de Charles Baudelaire un homme public. Aussi, une seconde édition fut-elle préparée. Cette publication est une « seconde édition originale », Baudelaire remanie son œuvre en profondeur en rendant l’architecture du livre plus cohérente. Cependant, le poète avait une nouvelle fois craint la réaction des autorités judiciaires, mais le garde des Sceaux décida de ne pas poursuivre cette seconde édition des Fleurs du Mal, une telle procédure risquant de fournir à l’auteur « une fâcheuse publicité ». Cette nouvelle édition n’éveilla qu’une faible curiosité chez les lecteurs, bien rares furent les journaux qui en rendirent compte et il fallut attendre quelques mois pour lire une chronique enthousiaste du jeune poète anglais Algernon Swinburne dans le journal The Spectator.

* Le 20 août 1857, le substitut du Procureur Impérial Ernest Pinard (qui, quelques mois auparavant, a déjà condamné Flaubert pour son roman licencieux Madame Bovary) condamne le livre « pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs », Baudelaire et ses éditeurs doivent payer de lourdes amendes. Quelques exemplaires subissent l’amputation de six pièces condamnées : Les Bijoux, Le Léthé, À celle qui est trop gaie, Femmes damnées, Lesbos, et Les métamorphoses du Vampire, d’autres complets, vont se vendre plus chers.


Les bonnes feuilles

L’homme et la mer

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

On écoute Claude Pichois.

BAUDELAIRE – Comment est née sa poésie ? (Conférence, 1969)