Charles de GAULLE. Quelques idées. Brouillons. Un très rare manuscrit autographe original. Cinq pages à la plume en premier jet.

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« L'homme de génie est celui qui m'en donne. » (Paul Valéry)

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« Mais pourquoi perdre le temps et gaspiller les chances de la France ? »

 

Un manuscrit de premier jet, comprenant de très nombreuses ratures et corrections (1953).

5 pages sur 3 feuillets in-4° ; cursive à l’encre noire sur papier Savoyeux* à en-tête « Le Général De Gaulle », l'ensemble sous une chemise en demi-maroquin noir moderne, pièce de titre imprimée en noir, en papier et collée sur le premier plat.

*Filigrane clair : « O C F Savoyeux » (papeterie Outhenin-Chalandre et Fils & Cie, puis Papeteries de France, à Savoyeux, Haute-Saône).


Dimensions : 270 x 210 mm


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« Ce qui est important dans l'étude de ses manuscrits, c'est le premier jet. En effet, c'est dans le premier jet qu'il s'exprime le mieux, se laisse aller, s'abandonne un petit peu. J'ai publié dans la Pléiade ses repentirs, on y lit ses humeurs, des portraits parfois plus vifs sur Pompidou, Churchill, Roosevelt, il parle même de lui, de ses sentiments, sa mélancolie. Dans le deuxième jet il se reprend. L'homme est plus dans le premier jet, et le personnage historique est déjà dans le deuxième jet. » (Jean-Luc Barré, éditeur des mémoires du général de Gaulle dans la collection de la Pléiade).


Hubert Heilbronn, bibliophile et collectionneur, détaille la graphie de Charles de Gaulle : « Elle signifie un grand orgueil, une grande clarté dans l'expression et une très grande sensibilité. Elle est élégante, elle est haute, elle est penchée à droite, comme un homme d'ouverture, les lettres sont très lisibles, c'est une écriture aristocratique, j'oserais presque dire parfois féminine. »


De Gaulle fait le procès de la Quatrième République et il propose une réforme politique.

De Gaulle dresse un bilan extrêmement sévère de la Quatrième République : le régime des partis n’a abouti qu’à affaiblir dangereusement la France, aussi bien sur le plan intérieur que dans le monde.

Nous sommes en janvier 1953, De Gaulle, qui avait démissionné en 1946, se trouve en pleine « traversée du désert ». Les élections viennent d’amener un gouvernement présidé par René Mayer, le dix-septième de la Quatrième République. Le cabinet René Mayer démissionnera au bout de quatre mois et demi, en mai 1953, justifiant les craintes exprimées ici par De Gaulle.

Il constate tristement le résultat des élections : faites sous le signe de l’apparentement des partis. Pour forcer la répugnance, trop explicable ! des électeurs, on invoquait la nécessité d’avoir enfin une « majorité » qui en soit une, un « gouvernement » qui en soit un. Conséquence : une crise ministérielle, très grave, celle-là […] car elle est l’aveu officiel de la carence organique du pouvoir. Trois premiers ministres pressentis ont refusé, invoquant des raisons diverses, mais qui toutes signifient : impuissance. Voici, devant nous, le quatrième.

Il considère hélas que René Mayer n’a pas de : programme susceptible de réunir une majorité réelle, c’est-à-dire compacte et résolue […] les électeurs qui se sont laissé duper […] qu’ils mesurent maintenant l’escroquerie politique dont eux-mêmes et le pays sont victimes !

Le pouvoir d’achat ? Il faudrait accroître la productivité : par l’association substituée à la lutte des classes. Quant à la question scolaire, elle recouvre en fait le problème de l’éducation : C’est le progrès de l’éducation de la jeunesse française qu’il faut vouloir et favoriser. Ce sont les éducateurs, non les instructeurs, qu’il faut faire aider par les familles responsables de leur choix.

Puis vient la réforme de la Constitution, soulignant la malfaçon de celle en vigueur : Mais croit-on la réparer au moyen des infimes corrections qu’on nous propose ? C’est le système lui-même qui est à changer. C’est la séparation des pouvoirs et leur équilibre qu’il faut, comme nous le voulons, nous, instituer aux lieu et place de cette confusion de tout à la discrétion des partis qui ont étouffé la République.

Sur le plan international, il déplore : ce lamentable et dangereux effacement de la France. C’est cette matière surtout, — la plus grave de toutes, — qui exige des pouvoirs publics capables de dégager l’intérêt national et de le faire passer au-dessus de toutes les clientèles et intérêts particuliers. C’est cela que nous voulons, nous, en contradiction complète avec le système exclusif des partis.

Il s’adresse enfin directement à René Mayer : Vous valez mieux que cela… Vous avez été associé à de grandes choses, à de vastes réalisations. Pourquoi donc vous enfoncer maintenant dans les sables d’un système périmé… Que n’entendez-vous la voix que vous connaissez bien et qui appelle les hommes valables à s’assembler encore une fois par-dessus les clans et les partis.

Et il conclut : Mais pourquoi perdre le temps et gaspiller les chances de la France ?