LE DERNIER LIVRE DE GIACOMETTI

Giacometti. Paris sans fin LE PLUS BEAU ET LE PLUS IMPORTANT LIVRE ILLUSTRÉ DE GIACOMETTI

Le dernier livre illustré par Alberto GIACOMETTI qui ne put en voir le terme avant son décès

L'un des rarissimes vingt exemplaires Hors Commerce

 

GIACOMETTI (Alberto).

Paris sans fin. Lithographies originales de Alberto Giacometti

Paris, Tériade Éditeur [Éditions Verve], 1969.

Grand in-4° ; 2 ff. non chiffrés [gardes blanches]/faux titre et justification au verso-1 lithographie frontispice non chiffrée/page de grand titre-149 lithographies hors texte numérotées par l’auteur [1-149] sur 43 ff. doubles non chiffrés dont 10 pp. de texte/2 ff. non chiffrés [gardes blanches], tirées sur les presses MOURLOT.

Couverture imprimée en noir et rempliée, emboîtage toile écrue, titre or imprimé au dos, TRÉS BEL EXEMPLAIRE D'UNE GRANDE FRAÎCHEUR.

Dimensions : 430 x 335 mm


Bibliographie

CNAC, 1973 V. Johnson & Stein, Artist’s Books in the Modern Era, 1870-2000. n° 150. Monod, t. I, 5330. Lust, Giacometti. The complete Graphies, 1970, n° 204-353. Coron, Le Livre et l’Artiste, 1967-1976, 118 (« Ce livre [...] restera certainement comme son livre le plus important »). Victoria & Albert Museum, From Manet to Hockney, n° 145.


Les premières épreuves furent présentées en 1960 dans Tériade Editeur-Revue Verve (Berne, Klipstein & Kornfeld) qui annoncait, sous le numéro de catalogue 50, la parution d’un ouvrage intitulé Paris, comportant cinquante lithographies.


Édition originale très rare tiré à 250 exemplaires sur vélin d’Arches à la forme numérotés de 1 à 250 et vingt exemplaires hors commerce, réservés aux collaborateurs, numérotés de I à XX. Tous les exemplaires portent la griffe de l’artiste.

Tirage luxueux : l’un des vingt exemplaires Hors Commerce (n° VIII) signé par l’artiste (signature originale de Giacometti au crayon lithographique).


Le 11 janvier 1966, Alberto Giacometti décède à l’hôpital de Coire. Trois ans plus tard paraît chez l’éditeur Tériade Paris sans fin, composé d’un texte de l’artiste intercalé dans une séquence de 149 lithographies, précédées d’un frontispice.

On peut lire dans l’impressum de l’éditeur Tériade qui clôt Paris sans fin :

« Ce livre devait comprendre cent cinquante lithographies et un texte d’Alberto Giacometti. Toutes les lithographies ont été exécutées par l’artiste et numérotées de sa main, selon l’ordre des illustrations. Leur impression vient seulement d’être terminée. Seize pages réparties entre ces planches avaient été initialement réservées pour le texte qui n’a pu malheureusement être achevé. Alberto Giacometti nous a remis, à deux reprises, des notes qu’il voulait y voir figurer : d’abord, à la sortie de la clinique où il venait de subir une intervention chirurgicale, puis quelque temps avant sa mort. Nous publions respectueusement ces notes sur dix pages, les autres réservées au texte restent blanches. Le titre Paris sans fin est celui que l’artiste souhaitait donner à ce livre. »

Le dernier livre mythique illustré par Alberto Giacometti qui ne put en voir le terme avant son décès le 11 janvier 1966.


Les lithographies ont été réalisées entre 1958 et 1965 au crayon lithographique.

- “ For Teriade it would be a milestone, the last great publication he would see through the press. The two men [Teriade et Giacometti] had maintained a close friendship ever since the Surrealist Years.The one hundred and fifty lithographs are a profoundly interpenetrating view of Giacometti's experience of Paris. He selected the plates to be printed and determined the order of their relationship, numbering each one. The frontispiece shows a nude figure of a woman plunging forward, as though diving into space, and is immediately followed by a quantity of views of city streets, then of interiors familiar to the artist. We come upon views of his studio, of the cafes he frequented, of Annette's apartment in the rue Mazarine and Caroline's in the Avenue du Maine.strangers at cafe tables, passersby, parked automobiles, the towers of Saint-Suplice, bridges across the Seine, The Eiffel Tower. To accompany the hundred and fifty plates, a text of twenty pages was planned, but the artist never got further than a few rough drafts. True, he was a devotee of words. Paris sans fin, however, said too much to the eye to be in need of other symbols.” (James Lord, Giacometti : A Biography, Farrar, Straus & Giroux, 1997).


Un mot sur l'éditeur Tériade :

La création éditoriale de Tériade, alias Stratis Eleftheriadis (1897-1983), croise à plusieurs reprises celle de Giacometti. L’éditeur, d’origine grecque, fut en effet le directeur artistique des premiers numéros de la revue Minotaure, lancée par Albert Skira en 1933. En 1937, il fonde Verve, une revue d’art à laquelle, jusqu’au terme de sa parution en 1960, contribuent entre autres Bonnard, Matisse, Braque, Picasso, Chagall, Léger, Miró et Giacometti qui rédige divers textes préfigurant implicitement son ultime publication en 1969, Paris sans fin.


Lignes choisies

- « 10 janv. En fin de soirée, je regarde une fois de plus les planches de Paris sans fin, cette série de dessins que Giacometti a faits au crayon lithographique en parcourant Paris à la fin de sa vie. Je voudrais pouvoir rendre avec la même netteté les choses telles qu’elles se montrent. » (Jean François Billeter, Une autre Aurélia, Paris, Éditions Allia, 2017).

Aux Éditions Allia, Jean François Billeter, sinologue philosophe, est l’auteur d’un merveilleux et bref roman autobiographique Une rencontre à Pékin, années 60, l’auteur étudiant à Pékin, arrache l’amour de sa vie (Wen) au régime communiste maoïste, ainsi que Une autre Aurélia, un émouvant journal rédigé après le décès de son épouse Wen en 2012.


Signalons la reproduction de ce livre rare chez Buchet-Chastel en 2003 dans la collection des Cahiers dessinés.

Paris sans fin
Giacometti

Ce livre mythique, publié en 1969 à deux cents exemplaires par Tériade, est enfin accessible à un large public. Souvent présenté comme le testament de Giacometti, car le texte de l’artiste qui accompagne ses cent cinquante dessins est resté inachevé, Paris sans fin fait partie de ces livres rares conçus entièrement par des artistes. C’est une sorte de reportage à travers la capitale : de l’atelier au café, à pied ou en voiture, sur les boulevards, à la gare de l’Est, au Jardin des plantes, cette pérégrination graphique a duré près de dix ans. On y découvre des rues, des façades, des bars, des voitures de l’époque – une Dauphine, une 2 CV –, parfois des personnages. Le titre fut trouvé dans la rue, lors d’une conversation avec Tériade. En sortant d’un café, Giacometti s’exclama, en regardant les rues devant lui : « Ah ! Paris... Paris sans fin ! »

 

L'édition originale infra (cliquez sur les photographies).

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