André GIDE. Les Nourritures terrestres

Gide 3

Gide 4Faux-titre avec envoi.


La grande œuvre d'André Gide.

Gide 5Justification de tirage limité.


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GIDE (André).

Les Nourritures terrestres

Paris, Société Du Mercure De France, 1897.

[Impr. C. Renaudie]

In-18° jésus ; 210 pp. et 3 feuillets non chiffrés.

Un plein maroquin janséniste Lavallière, dos à quatre nerfs chiffré en pied, titre or poussé au dos, filets à froid, couvertures jaunes imprimées en noir de l’éditeur conservées (au caducée jaune et au pétase ailé), dos conservé, tranches dorées sur témoins, contreplat en maroquin vert foncé serti d’un filet doré et encadré de maroquin Lavallière, double garde volante en maroquin grenat et papier marbré, chemise rempliée assortie, étui bordé, une reliure moderne (Loutrel), un pastiche Art nouveau de l'illustre maître de la reliure française de la fin du XIXe siècle : Marius-Michel, fils, figure du renouveau. UN EXEMPLAIRE À L'ÉTAT DE NEUF.

Édition originale, dédiée à Maurice Quillot.


Prix sur demande / Price on request


BIBLIOGRAPHIE

PRÉCIEUSE ÉDITION ORIGINALE. EXEMPLAIRE IMPRIMÉ SUR PAPIER JAPON IMPÉRIAL, CELUI-CI PORTANT UN ENVOI AUTOGRAPHE SIGNÉ.

Justification de tirage limité :
L’un des 5 et non pas 3 exemplaires (rarissimes) décrits dans la justification de tirage limité ; il a été tiré 3 exemplaires [+ 2 ex. de main de passe*] de tête sur Japon impérial, avant 12 exemplaires imprimés sur papier de Hollande van Gelder numérotés et 1 000 exemplaires sur papier courant d'éditeur.


Contrairement aux indications de la justification de tirage de luxe, suivant l'usage du Mercure de France, les deux exemplaires de main de passe de tête sur Japon impérial n’ont pas été soumis à la numérotation à la plume ou au timbre, ou imprimés ou un signe quelconque (vignette) au folio verso du faux-titre.

*un exemplaire de Chapelle ou exemplaire de main passe : tirage supérieur à celui prévu pour la commercialisation.


UN RARE ET PRÉCIEUX ENVOI SIGNÉ à l'encre noire sur la page de faux-titre.

à Madame Henry Lerolle

hommage respectueux

d'un livre qui ne l'est pas

                   André Gide

 

Ainsi se trouve parfaitement justifiée la formule de l'envoi qualifiant le livre d'irrespectueux.


Madame Henry Lerolle (1856-1937), née Madeleine Escudier, musicienne accomplie, épouse du peintre et célèbre collectionneur (1848-1929). On compte parmi le brillant cercle formé autour du peintre Lerolle et de sa famille : Edgar Degas, Pierre-Auguste Renoir, Maurice Denis ; des musiciens et compositeurs, Claude Debussy, Vincent d’Indy, Paul Dukas ; des écrivains, Pierre Louÿs, Stéphane Mallarmé, Paul Valéry, Paul Claudel et surtout André Gide avec lequel il fut étroitement lié.

Biographie – Henry LEROLLE. Société des Amis d’Henry Lerolle : https://www.henrylerolle.org/biographie


Recensement des trois exemplaires justifiés de luxe.

  • Exemplaire N° 1, relié en plein maroquin grenat par Émile Mercier, in Catalogue Auguste Blaizot, mars 1968. Cet exemplaire ne porte pas un envoi* autographe.
  • Exemplaire N° 2, originellement relié par Berthe van Regemorter*, in Catalogue de la vente de la Bibliothèque de Louis de la Rivière, Paris, Drouot, 18 novembre 1968. Par la suite il fut relié en maroquin bleu par Jean-Paul Miguet. Ce livre a figuré au catalogue de la vente de la Collection Littéraire Pierre Leroy, Paris, Sotheby’s, 26 juin 2002, n° 220. Cet exemplaire ne porte pas un envoi autographe.
  • Exemplaire N° 3, relié en cartonnage d’époque, acquis par Arnold Naville (ami d’André Gide et de Gaston Gallimard, auteur de la Bibliographie des écrits de André Gide, Paris Chez H. Matarasso, 1949), qui le fit relié par Paul Bonnet en 1954, in Catalogue de la vente de la Bibliothèque de Michel Bolloré, Paris, Drouot, 11 février 1954. Également, vignettes ex-libris des bibliothèques Jacobi et Émile Sabatier. Ultérieurement, il fut acquis par le bibliophile Francois Ragazzoni, in Catalogue de la vente de la Bibliothèque Francois Ragazzoni, Tajan, 13 & 14 mai 2003, Seconde partie, n° 115. Exemplaire enrichi d’une lettre autographe signée de Gide (une page in-quarto) et d’un poème libertin autographe signée de Gide, mais ne porte pas un envoi autographe.

*Envoi. n. m. – Deverbal de envoyer. Manuscrit et forcément de l’auteur.

*Berthe van Regemorter (1879-1964). Après la Première Guerre mondiale, sa renommée s’étendit dans le monde des bibliophiles belges. Une exposition de ses œuvres fut présentée à Anvers en 1923, une autre à Bruxelles deux années plus tard.


Recensement des deux exemplaires de main de passe, non justifiés de luxe.

  • Le premier exemplaire non justifié de luxe, relié par Émile Mercier, in Catalogue de la vente de la Bibliothèque littéraire R. Moureau et M. de Bellefroid, Pierre Bergé et associés, Paris, Drouot, décembre 2004, n° 799 [Recension complète des exemplaires imprimés sur papier Japon impérial où est décrit l’un des deux Japon non numérotés de la collection Raoul Simonson (libraire bruxellois), cédé par sa veuve à R. Moureau en 1970]). Cet exemplaire ne porte pas un envoi autographe.
  • Le présent exemplaire avec envoi autographe signé (supra), de la Bibliothèque Jan van Haelen, in Catalogue de la vente de la Bibliothèque Paul van der Perre [Libraire-Éditeur bruxellois], Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, 16 novembre 1963.

L’insuccès total.

Des Nourritures terrestres, publiées au Mercure de France en 1897 et tirées à 1 000 exemplaires, André Gide espérait beaucoup. Ce livre n’éveilla aucun écho, sinon qu’il fit scandale dans son milieu familial, protestant. En 1917, quand la NRF voulut republier l’ouvrage, Alfred Vallette, directeur du Mercure céda les droits sans difficulté, le tirage initial n’était toujours pas épuisé.


– Talvart & Place, Bibliographie des Auteurs Modernes de la Langue Française (1801-1941), t. VII, 7a, p. 40.

À lire avec profit : Marie-Françoise Quignard, le Mercure de France, cent un ans d’édition, Catalogue d’exposition, p. 63, BnF, Paris, 1995.

La revue le Mercure de France, fondée en 1672 et disparue en 1965, fut d'abord publiée sous le nom de Mercure galant. Elle devint une maison d'édition à la fin du XIXe siècle, grâce à Alfred Vallette.


Les Nourritures terrestres.

Publiée en mai 1897, au Mercure de France, cette œuvre de jeunesse de l’écrivain André Gide, est assurément la plus célèbre de son auteur. C’est une œuvre de transformation morale et sociale pour le jeune poète, un chant lyrique, un hymne d’une joie autre dont l’influence, plutôt morale qu’esthétique, sur la jeunesse fut grande (surtout après 1920).

« Que mon livre t’enseigne à t’intéresser plus à toi qu’à lui-même — puis à tout le reste plus qu’à toi. »

Les Nourritures protestent indirectement contre toute discipline morale issue d’une tradition et étrangère à l’individu. L’auteur, en un style poétique, conseille à son lecteur idéal, le jeune Nathanaël, de profiter de l’instant, d’en dégager et d’en ressentir profondément la beauté, de se libérer des forces obscures qui limitent l’épanouissement de sa personnalité. Les Nourritures sont clairement articulées autour du récit de l’aventurier exotique Ménalque. La composition de cette leçon est kaléidoscopique. Les genres y sont mêlés : notes de voyages, fragments de journal intime, ballades, dictionnaire poétique, dialogues fictionnels. L’œuvre bouleverse les codes de la prose à la fin du XIXe siècle.
Actuellement, Les Nourritures continuent à susciter un intérêt vif et renouvelé. En outre, l’on remarque un intérêt continu pour l’œuvre littéraire et poétique d’André Gide.

« Nathanaël, à présent jette mon livre. Emancipe-t-en. Quitte-moi. »


En janvier 1918, Marcel Proust fit part de son admiration à Gide et loue Les Nourritures terrestres pour leur « plus secrète beauté » (Correspondance de Marcel Proust, t. XVI, Paris, Plon, 1970-1993, p. 238).

Le 13 novembre 1947, André Gide recevait le prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre.