La France attache son nom à l'exploration des Mers Australes

Kerguelen de Tremarec : Relation de deux voyages Dans les mers Australes

Kerguelen

La découverte de la Terre australe ou autrement appelée « le troisième monde », après l’ancien et le nouveau.

L’édition originale très rare en très belle condition

La France attache son nom à l'exploration des Mers Australes

 

KERGUELEN DE TREMAREC (Yves-Joseph Marie de).

 

Relation de deux voyages Dans les mers Australes & des Indes, faits en 1771, 1772, 1773 & 1774. Par M. De Kerguelen. Commandant les Vaisseaux du Roi le Berrier, la Fortune, le Gros-Ventre, le Rolland, l’Oiseau & la Dauphine. Ou Extrait du Journal de sa Navigation pour la découverte des terres Australes, & pour la vérification d’une nouvelle route proposée pour abréger d’environ huit cents lieux la traversée d’Europe à la Chine. Nota. On trouvera à la suite de ce Journal quelques Lettres ou Mémoires sur la Marine, & un état des services de M. de Kerguelen.

A Paris, Chez Knapen & Fils, Lib.-Imp. de la Cour des Aides, 1782.

In-8° ; VIII-244 pp.-1 carte repliée hors texte in-fine [Terres Australes ou Partie Septentrionale de l’Isle de Kerguelen]-2 ff. non chiffrés [Approbation et Privilège du Roi].

Plein veau glacé moucheté, dos lisse très joliment orné, caissons or, fleurette or, p. de titre en maroquin rouge, filet à froid d’encadrement sur les plats, tranches rouges, très bel exemplaire.

PROVENANCE PRESTIGIEUSE : EX-LIBRIS DE LA BIBLIOTHÈQUE DU DUC D'AIGUILLON, SECRÉTAIRE D'ÉTAT DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES (1771-1774) ET SECRÉTAIRE D'ÉTAT DE LA GUERRE (1774).


Bibliographie

« Ce volume est devenu très rare, le gouvernement en ayant fait saisir le plus grand nombre d’exemplaires » (Hoefer, t. XXVII, 611).

Brossard, Kerguelen le découvreur et ses îles, t. I, p. 582. Dunmore, t. I, p. 210. Du Rietz, Bibliotheca Polynesiana by Kroepelien, 641. Howgego, I, K12, p. 566. Ryckebusch, t. II, 4434, p. 111. Sabin, 37618. Sydney & Spence, Antarctic Miscellany, 650, p. 79. Manque à Chadenat, à Hill collection, ainsi qu'à de nombreuses bibliographies Antarctica !

Édition originale très rare, illustrée d’1 carte hors texte. L’ouvrage fut rapidement mis au pilon puisqu’il avait été interdit avant sa parution et ne fut que très peu connu en dehors du cercle étroit des officiers de marine (Lapérouse avait emporté le livre de Kerguelen à son bord).


Yves-Joseph Marie de Kerguelen (1734-1797), navigateur breton, officier de la marine du Roi, partit en 1771 à la découverte de la Terre de Gonneville (en 1503, le capitaine de Gonneville naviguant vers le sud aurait trouvé une contrée paradisiaque au climat délicieux où des indigènes hospitaliers vivaient nus dans une abondance naturelle).

Premier voyage de découverte : Le 1er mai 1771, du port breton de Lorient, Kerguelen mit à la voile pour l’Île de France. Le navire qui lui avait été attribué était le « Berryer » (nom d’un ancien ministre de la Marine et des Colonies), une corvette de 900 tonneaux de la Compagnie française des Indes, chargée de munitions pour la garnison de la colonie et de vivres, suffisantes pour alimenter 300 hommes d’équipage pendant une période de quatorze mois, temps estimé du voyage. À son bord se trouvait le savant astronome, l’abbé Alexis-Marie de Rochon, qui bientôt entra en conflit avec le capitaine trop autocratique à son goût. Quand le « Berryer » atteignit Port-Louis, le 20 août 1771, Rochon l’abandonna et chercha à joindre l’expédition rivale de Marion Dufresne et Crozet pour le Pacifique sud. Pierre Poivre, alors intendant de l’île, fit bon accueil à Kerguelen. Il offrit, à la demande de ce dernier, en remplacement du « Berryer », considéré comme « mauvais marcheur », une flûte et une gabare, plus légères et moins dispendieuses, la « Fortune » et le « Gros-Ventre », gabare de 16 canons, commandé par François Louis Alesno de Saint-Alloüarn (Saint Alloüarn était en mauvaise santé et pendant tout le voyage le « Gros-Ventre » fut commandé par Boisguehenneuc). Il était trop tôt pour naviguer au Sud, et Kerguelen fut requis d’étudier une nouvelle route vers l’Est qui avait était suggérée par un officier du nom de Jacques Raymond de Geron de Grenier, décédé avant d’avoir pu vérifier sa théorie. De retour à Port-Louis, après trois mois de navigation, la « Fortune » et le « Gros-Ventre », quittèrent l’Île de France le 16 janvier 1772 et firent cap plein Sud. Le 12 février, une terre est en vue. À l’aube du 13 février, les Français virent s’étendre les premières terres de la côte Ouest d’une couronne d’îles qu’ils nommèrent « la France Australe », auxquelles l’explorateur anglais James Cook donnera le nom « terre de Désolation » ou d’Îles Kerguelen lors de son troisième voyage. Était-ce là la terre paradisiaque de sieur Gonneville ou était-ce le continent austral si prometteur de richesses ? Kerguelen décida d’envoyer une chaloupe, la « Mouche », afin de trouver un mouillage sûr pour le « Gros-Ventre ». Ce fut un désastre. Malgré les courants violents, les Français (équipage du « Gros-Ventre ») réussirent malgré tout à aborder sur le rivage et prirent possession de l’île (Kerguelen ne mit jamais pied à terre). Séparés par de très mauvaises conditions météorologiques, la « Fortune » rejetée au large par la tempête, Kerguelen décida le 16 février de retourner à l’Île de France, afin de rapporter sa découverte. Le 16 mars, il jetait l’encre à Port-Louis. La « Fortune » n’ayant point reparu, Saint Allouarn suivit ses instructions à la lettre et fit voile vers la Nouvelle-Hollande (Australie). Le « Gros-Ventre » atteignit le cap Leeuwin le 18 mars 1772. Saint Allouarn envoya Maingaud pour prendre possession de la bande côtière. Le 3 mai 1772, le « Gros-Ventre » arriva à Timor, le 18 juillet il mouillait à Batavia et le 5 septembre, il jetait l’encre à Port-Louis. Saint Allouarn, cet homme probe et modeste, scrupuleux et malade, perdit la vie peu de temps après son arrivée. Kerguelen, de retour en France, annonça pompeusement à Versailles qu’il avait découvert le continent austral. Louis XV le nomma capitaine de vaisseau et le fit chevalier de l’Ordre de Saint-Louis.

Second voyage de colonisation – échec : Kerguelen repartit en mars 1773 avec l'« Oiseau » et le « Dauphin » pour une nouvelle mission d’exploration de la Terre australe, dont il releva environ 80 lieux de longueur de côtes, sans parvenir à déterminer si il s’agissait d’un archipel isolé ou de quelques îles prolongeant un continent allant jusqu’au pôle. Force de mauvais temps, il dut remonter vers le nord, fit une escale à Madagascar et rentra en septembre 1774 à Brest, où l’avenir s’annonçait sombre pour lui.

 

À consulter : Boulaire (A.), Kerguelen, le phénix des mers australes, Paris, France Empire, 1997, ainsi que : Dupouy (A.), Le Breton Yves de Kerguelen, Paris, La Renaissance du Livre, 1929, ainsi que : Emmanuel (Marthe), La France et l’Exploration polaire, Paris, Nouvelles Éditions Latines, 1959, ainsi que : Rostu (Loïc du). Le Dossier Kerguelen, Paris, Klincksieck, 1992.

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